25 jours de lutte : Hassan Bouras interrompt sa grève de la faim après l’appel de sa mère
- 29 mai
- 2 min de lecture

« Je vais arrêter la grève de la faim. Je ne ressens plus mon corps… Je crois que lui aussi en a assez. Mon corps a tout résumé, mon silence a récité des paroles. » Au bout de 25 jours d’une grève de la faim particulièrement éprouvante, le journaliste et militant des Droits de l’Homme, Hassan Bouras, a décidé de mettre fin à son action, a indiqué sa sœur, Zohral Bouras sur les réseaux sociaux et sur la page de l’ONG Riposte International. Elle lui a rendu visite jeudi 28 mai.
Après plusieurs jours de refus de s’alimenter, le militant, emprisonné à Labiodh Sidi-Cheikh, dans la wilaya d’El Bayedh (Sud-Ouest), a cédé au chantage affectif de sa mère. « Ma mère nous a demandé de lui transmettre ce message : « Je ne viendrai plus te rendre visite si tu n’interromps pas la grève de la faim… sinon, moi aussi j'entame une grève de la faim. » », raconte Zohral Bouras qui décrit un détenu qui « marchait difficilement », souffrant déjà d’une arthrose. « Sa jambe droite était lourde. Son état de santé s’est fortement détérioré. Il a perdu beaucoup de poids. Cette grève de la faim a laissé apparaître une grande faiblesse, une voix presque éteinte », récite celle qui en plus d’être la sœur du détenu politique est elle-même militante pour le respect des Droits de l’Homme. Elle rapporte également que le médecin de la prison n’a examiné Hassan Bouras qu’une seule fois, « après son évanouissement dans la salle, suite à deux pics de tension ».
Malgré la dureté des conditions de détention et le sentiment d’injustice qui l’anime, Hassan Bouras reste combatif. « Je me sens plus libre que certains en dehors des prisons. Ma détention, pour moi, est plus qu’une liberté. Je n’ai jamais été soumis. Je suis libre… et rien ne pourra mettre fin à ma dignité », a-t-il confié à sa sœur.
Arrêté début mai, le journaliste et militant des droits de l’Homme, connu depuis 2015 pour ses nombreuses démêlées avec la justice à cause de ses activités, a été arrêté le 13 avril dernier à son domicile à El-Bayedh, où il résidait. A l’occasion de la commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse, le 03 mai, il a entamé une grève de la faim pour protester contre son emprisonnement. « (…) on ne brise pas une voix en l’enfermant. À chaque arrestation, vous m’avez retiré la plume. Alors il ne me reste que mon corps pour parler. Et mon corps parlera », a-t-il notamment annoncé à partir de la prison, selon les propos rapportés par sa sœur, sa seule voix à l’extérieur. Son dossier est toujours en instruction et aucune date n’est fixée pour un éventuel procès.
Essaïd Wakli



Commentaires