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Affaire des "Migrants bloqués en mer": Matteo Salvini estime avoir "rendu service" à l'Italie


Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a estimé vendredi avoir "rendu service" à l'Italie en ayant bloqué en mer, au mois d'août 2019, un bateau de migrants lorsqu'il était ministre de l'Intérieur d'un précédent gouvernement.


Il lui est reproché d'avoir utilisé sa position de ministre pour bloquer 147 migrants en mer, refusant de les laisser débarquer d'un navire de sauvetage de l'ONG espagnole Open Arms alors que leur état de santé se dégradait rapidement.


M. Salvini, chef du parti antimigrants la Ligue et allié de la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni, rejette fermement les accusations à son égard, pour des faits remontant à août 2019.


Il encourt jusqu'à 15 ans de prison pour "séquestration", avec la circonstance aggravante que des mineurs se trouvaient à bord du navire.


"Je considère avoir rendu un service utile au pays. J'assume pleinement ce que nous avons fait avec des résultats jamais obtenus (...) non seulement en termes de lutte contre le trafic d'êtres humains mais surtout en termes de vies sauvées", a-t-il déclaré au cours de son procès à Palerme (Sicile) qui doit déterminer s'il a empêché illégalement le débarquement de ces migrants dans un port.


Connu pour ses positions populistes, Matteo Salvini, 50 ans, a eu recours à de multiples reprises, aux attaques contre les migrants pour renforcer son capital politique. Il faisait partie du premier gouvernement de Giuseppe Conte (juin 2018- août 2019), et avait imposé la fermeture des ports italiens aux navires d'ONG secourant les migrants.


M. Salvini avait justifié cette politique par des raisons de sécurité, affirmant qu'il s'agissait de lutter contre les passeurs.


Il a réitéré vendredi, mails à l'appui, que la décision d'empêcher le bateau d'Open Arms d'accoster avait été prise avec l'accord de l'ensemble du gouvernement, dont Giuseppe Conte, avec lequel les rapports s'étaient envenimés.


Les migrants, bloqués à bord pendant trois semaines, avaient été finalement autorisés par une décision de justice à débarquer à Lampedusa, une petite île italienne au large de la Tunisie.


Lors de leurs témoignages, des membres d'Open Arms ont expliqué que la santé physique et mentale des migrants était en péril, avec notamment une épidémie de gale.


Certains d'entre eux, désespérés, se sont même jetés à la mer, suscitant l'indignation d'associations humanitaires. "La situation n'était pas à risque", s'est défendu Salvini.


Il a souligné que la politique du gouvernement Conte était d'autoriser le débarquement des migrants seulement après un accord de redistribution dans d'autres pays de l'Union européenne (UE), reconnaissant que cela revenait à exercer "une forme de pression" sur l'UE.


Ces événements s'étaient déroulés en pleine crise politique, après le retrait par M. Salvini de son soutien au gouvernement Conte pour tenter de provoquer de nouvelles élections qu'il espérait remporter.


Mais M. Conte avait réussi à monter une nouvelle coalition sans la Ligue, et en 2020 le Sénat avait voté la levée de l'immunité parlementaire de l'ex-ministre.


Le gouvernement Meloni a adopté également une ligne dure envers les ONG de secours aux migrants, désormais obligées de gagner le port italien qui leur est affecté, souvent très loin du lieu où les migrants ont été secourus lors du premier sauvetage, ce qui ne leur permet pas de rester dans la zone pour apporter une aide éventuelle à d'autres migrants en détresse.


Une politique sans résultat probant jusqu'ici: plus de 157.000 migrants sont arrivés en Italie en 2023, contre quelque 105.000 en 2022.


La rédaction/Agences


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