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Affaire Imétal : Ali Aoun écroué, lourdes peines pour les principaux prévenus

  • 20 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 avr.


Le verdict est tombé ce lundi matin au tribunal de Sidi M’hamed. L’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a été condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars, avec mandat de dépôt prononcé à l’audience. Une peine sensiblement en deçà des douze ans requis par le parquet dans cette affaire de cessions irrégulières de ferraille impliquant le groupe public Imétal.


Le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed avait pourtant durci le ton lors des réquisitions. Le procureur avait réclamé une décennie de réclusion contre le fils du ministre, Mehdi Aoun, finalement condamné à six ans, ainsi que dix ans contre l’homme d’affaires Abdelmoula Abdelnour, dit « Nounou Manita », figure centrale du dossier. Ce dernier a écopé de la peine maximale requise, dix ans fermes et un million de dinars d’amende, tout comme l’investisseur Sami Bouguetaya.


Le tribunal a par ailleurs retenu trois ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars, contre Karim Boulaioune, ancien PDG du complexe sidérurgique d’El Hadjar, et Nourredine Salhi, ex-directeur général de l’Entreprise nationale de fonderie Fondal. Mohamed Cherfaoui, responsable d’un club équestre, ont chacun écopé de cinq ans et de la même amende. L’affaire portait sur des opérations de cession de déchets ferreux et non ferreux jugées irrégulières au détriment d’Imétal, les investigations ayant mis en évidence des pratiques de favoritisme et des décisions contraires aux règles encadrant la gestion des biens publics.


Plusieurs prévenus ont néanmoins obtenu la relaxe, dont Charaf Eddine Amara, ancien dirigeant du groupe Madar, contre qui le parquet avait requis six ans de réclusion. Des gestionnaires d’entreprises opérant dans les secteurs pharmaceutique et commercial ont également été acquittés, traduisant la difficulté à établir des responsabilités individuelles dans un dossier où les décisions administratives et les intérêts privés s’étaient étroitement mêlés.


Le procès avait subi plusieurs reports avant que le pôle économique et financier ne rende ses jugements. Ali Aoun, qui avait présidé aux destinées du ministère de l’Industrie sous plusieurs gouvernements, quitte l’audience sous mandat de dépôt. Son fils et lui comparaissaient libres jusqu’au verdict.


Sophie K. 

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