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Affaire Sonia Dahmani: le Barreau de Tunis en grève à partir de demain lundi

Dans une conférence de presse convoquée en urgence ce samedi 11 mai, Laroussi Zguir, président du conseil régional des avocats de Tunis, a condamné avec fermeté l'assaut mené par les forces de l'ordre contre les locaux de l'Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) et l'interpellation de l'avocate Sonia Dahmani, qui s'y était réfugiée.

 

Face à cette « violation flagrante des prérogatives de la profession » , M. Zguir a annoncé une série de mesures musclées. Une grève générale régionale sera observée au niveau du Grand Tunis dès lundi 13 mai, paralysant les activités de tous les tribunaux de la capitale.

 

Le Barreau exige en outre « la libération inconditionnelle et immédiate » de Sonia Dahmani, envers qui il a exprimé un «  soutien indéfectible » . Un appel solennel a été lancé à l'ensemble des forces vives du pays pour se mobiliser et défendre les libertés individuelles et la dignité des citoyens.

 

Revenant sur les faits, le bâtonnier Zguir a rappelé avoir été informé des poursuites engagées contre Mme Dahmani et de sa convocation le 9 mai dernier. Des démarches avaient été entreprises auprès du juge d'instruction afin que la convocation soit délivrée au domicile de l'avocate, et non aux locaux de l'Ordre, considérés comme un lieu inviolable.

 

«  Nous avions demandé le report de l'audition, mais un mandat d'amener a été émis à notre insu » , a déploré M. Zguir, ajoutant que l'Ordre constitue un refuge pour tous, avocats ou non.

 

Le président du conseil régional a vivement dénoncé le déploiement disproportionné des forces de l'ordre autour du siège durant 24 heures, preuve selon lui d'un « usage abusif des moyens de l’État » . Les événements d’hier marquent un précédent alarmant, avec l'intrusion violente d'agents cagoulés, l'agression verbale et physique d'avocats, ainsi que l'arrestation musclée de Mme Dahmani.

 

« Pour la première fois, on assiste à de telles violations du sanctuaire qu'est le Barreau » , a tonné M. Zguir, évoquant un « acte barbare » et mettant en garde contre la remise en cause de l'inviolabilité des sièges institutionnels.



Sophia K.


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