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Akli Yahiatène dénonce le rejet par l'ONDA de chansons contenues dans son dernier album


L'un des plus grands maîtres de la chanson algérienne d'expression kabyle, mais aussi arabe, Akli Yahiatène, a dénoncé le rejet par l’Office national des droits d’auteur (ONDA) de chansons contenues dans un album dont il vient de terminer l’enregistrement.


L’album contient huit chansons, quatre en Kabyle et autant en arabe, explique à la chaîne TV Echorouk l’auteur de 89 ans. « On m’a dit que la commission les a rejetées, je ne sais pas pourquoi », dit-il.


Son agent, qui est intervenu dans le même média, n’a pas non plus dévoilé les raisons du refus.


Selon le journaliste de Liberté, Hassan Ouali, il s’agirait d’une affaire de droits d’auteur: « L'ONDA a rejeté deux chansons contenues dans l’album car n’appartenant pas au chanteur. (...) L’une serait l’œuvre du défunt Dahmane El Harrachi et l’autre appartiendrait au patrimoine maghrébin.»


Belaid Tagrawla, très au fait de ce qui se passe sur la scène artistique, a de son côté expliqué que Akli Yahiatène ne s’est pas approprié les deux chansons, mais les a déclarées au nom de Dahmane El Harrachi pour la première et comme patrimoine maghrébin pour la seconde. Les droits iront de ce fait aux héritiers légitimes.


« Dda Akli Yahiatène a été induit en erreur. Toutes ses chansons ont été acceptées par l’ONDA », a écrit Belaid Tagrawla sur les réseaux sociaux.


L’affaire a donné lieu à de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux.


En Juillet dernier, un hommage émouvant a été rendu à Alger à Akli Yahiatène, un des piliers et doyens de la chanson algérienne d'expression kabyle, pour son long parcours artistique et son répertoire musical qui a inspiré de nombreux artistes.


Pour l'occasion, des artistes comme l'interprète de hawzi et variété algéroise, Nadia Benyoucef, le chanteur chaâbi Réda Domaz, Rezki Ouali ou encore El Hansanoui Amjtouh ont tenu à rendre hommage à Akli Yahiatène, l'auteur de « Ya Lmenfi », un tube qui évoque les souffrances des immigrés algériens et les victimes de la déportation en Nouvelle-Calédonie.


En 62 ans de carrière, il compte un riche répertoire de chansons en Kabyle et en arabe algérien, dont la plus connue est sans doute la célèbre chanson patriotique « Ya Lmenfi », reprise par plusieurs chanteurs dont Rachid Taha et Cheb Khaled. Akli Yahiatène est aussi un moudjahid qui a connu les geôles du colonialisme français.


En 2017, Akli Yahiatène a été décoré de la médaille de l'ordre du mérite national au rang de "Achir".


Né en 1933 à Aït Mendès Boghni (Tizi Ouzou), Akli Yahiatène s'est exilé en France où il vit de petits métiers. Plus tard, il fera la rencontre d'illustres compositeurs et chanteurs de son époque comme Slimen Azem, Zerrouki Allaoua et Cheikh El Hasnaoui qui ont aiguisé sa passion pour la chanson.


Artiste et moudjahid, emprisonné à plusieurs reprises par les autorités coloniales pour avoir contribué à la collecte de fonds au profit du Front de libération nationale (FLN), il ne se détache pas pour autant de la musique, mais se consacre davantage à ses nombreuses compositions à succès qui l'ont fait connaitre auprès d'un large public.


Préférant le luth (Oud) et la mandoline, l'artiste a composé et interprété plusieurs chansons à succès dont notamment "Ay-axxam" (La maison), traduite en espagnol, et "El menfi" (Le banni), qui a été reprise par le trio Mami, Khaled et Rachid Taha ainsi que par le chanteur libanais Alaa Zalzali. D’autres grands succès jalonneront sa carrière avec notamment les titres "Thamurthiw", "Jahagh bezzef da meziane" (Exilé trop jeune), ou encore "Yedja yemas" (Il a abandonné sa mère).



Anais Thibault



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