top of page

Algérie : condamnations confirmées contre deux anciens collaborateurs de France 24

La cour d'appel de Ruisseau vient de confirmer les amendes prononcées en première instance contre deux anciens collaborateurs de la chaîne française. Une décision qui pose une nouvelle fois la question de la liberté de la presse en Algérie.


Le feuilleton judiciaire autour de France 24 en Algérie est loin d'être terminé. Ce dimanche 5 novembre, la cour d'appel de Ruisseau a décidé de maintenir les lourdes amendes infligées en mars dernier à Moncef Ait Kaci, ancien correspondant de la chaîne française, et à Ramdane Rahmouni, producteur algérien travaillant également pour France 24.


Rappelons que le tribunal de première instance les avait condamnés respectivement à 100 000 et 1 000 000 de dinars d'amende pour «perception de fonds depuis l’étranger à des fins de propagande ». En cause, leur collaboration avec une chaîne de télévision étrangère, en l'occurrence France 24, ce qui constitue un délit selon la loi algérienne sur l'information de 2012.


La cour d'appel n'a donc pas infléchi sa position, en dépit des protestations de Reporters sans frontières (RSF) et autres organisations de défense de la liberté de la presse. Le parquet général avait pourtant requis trois ans de prison ferme contre les deux journalistes.


L’Algérie à la 136e place au classement mondial de la liberté de la presse


Cette affaire judiciaire pose une nouvelle fois la question de la liberté de la presse en Algérie. Le pays ne cesse de reculer dans le classement mondial de la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières (RSF). En 2023, l'Algérie occupait la 136e place sur 180 pays, perdant deux places par rapport à 2022.


En effet, la liberté de ton et l'esprit critique ne sont plus de mise dans la presse algérienne, soumise à un arsenal de mesures répressives destinées à la museler. Les autorités usent de tous les moyens : censure brute, pressions en coulisses, blocage de sites d'information indépendants, chantage à la manne publicitaire. Même les rédactions sont progressivement mises au pas, les lignes éditoriales uniformisées.


Résultat, des médias transformés en chambre d'écho du pouvoir, où l'autocensure est de rigueur. Adieu les enquêtes fouillées et les analyses sans concessions ! Les journalistes, qui avaient osé espérer une presse libre et impertinente dans la « Nouvelle Algérie » promise, déchantent. Ils se retrouvent réduits à l'état d'appendice docile du régime en place. La liberté de la presse algérienne semble bien loin...


Sophie K.


84 vues

Comments


bottom of page