Algérie-France : Les Accords de 1968 remis sur la table !
- 3 juin
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Longtemps objets de crispation entre Alger et Paris, les Accords algéro-français de 1968 portant sur le statut des émigrés algériens en France, viennent d’être dépoussiérés à l’occasion de la visite du ministre algérien de l’Intérieur Saïd Sayoud à Paris début juin. Il n’y a rien de concret sur le sujet pour l’instant, mais le ministère français de l’Intérieur -le seul à communiquer sur les discussions entre les deux parties- a confirmé dans un communiqué que le dossier a été ouvert en précisant que les propositions qui seront émises seront « à l’initiative de la France ». « La question de l’accord franco-algérien de 1968 a (…) été abordée dans les échanges, les parties ayant décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer », notent les services de Laurent Nunez.
Signés en 1968 entre les gouvernements de l’époque, l’accord algéro-français sur l’émigration comprend en effet quelques « avantages » accordés aux seuls Algériens parmi les émigrés. On cite souvent la possibilité pour un Algérien de bénéficier du « regroupement familial » sans passer par des étapes plus contraignantes imposées aux autres. Les Algériens peuvent également accéder facilement à certaines activités libérales initialement réservées aux Français ou encore obtenir une carte de séjour de 10 ans, alors que pour d’autres émigrés, un document de 5 ans seulement est accordé.
En revanche, les Algériens sont par exemple exclus de certains métiers intellectuels et les étudiants venus du plus grand pays d’Afrique sont privés de certains avantages accordés à d’autres ressortissants étrangers, tout comme les émigrés algériens sont privés des dispositions nouvelles accordées aux autres. Puis, depuis 58 ans, ce document a été révisé à trois reprises, le « vidant de sa substance », selon des responsables algériens.
Malgré cela, certains milieux français, issus notamment de l’Extrême droite et même de la droite classique, continuent de brandir cet accord comme un chiffon rouge face aux autorités algériennes, estimant que l’alignement des Algériens sur les mêmes droits que les ressortissants d’autres pays allait constituer un motif de pression sur Alger qui rechigne à reprendre ses citoyens objets d’obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Du côté algérien, Abdelmadjid Tebboune a indiqué à plusieurs reprises qu’il n’était pas contre la révision de cet accord, « à condition que cela soit fait dans le dialogue ». C’est ce qui semble se dessiner avec ce nouveau round de discussions sur un sujet qui sera certainement exploité par le Rassemblement national ou Bruno Retailleau dans la campagne présidentielle qui arrive en France. Mais les résultats de ces discussions ne seront connus que dans plusieurs mois !
Essaïd Wakli



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