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Algérie: Les accusations de « terrorisme » pour museler l'opposition

Le verdict est tombé ce dimanche pour 13 militants algériens poursuivis depuis plus de deux ans pour « terrorisme ». Parmi eux, des figures de la défense des droits humains et un journaliste, arrêtés en 2021 pour leurs liens présumés avec le mouvement d'opposition Rachad. Ils encouraient 20 ans de prison. Mais à la surprise générale, tous ont finalement été acquittés par le tribunal de Dar El Beida. Cette affaire résonne comme un camouflet pour le régime algérien, prompt à agiter le chiffon rouge de l' « organisation terroriste » pour neutraliser toute voix dissidente sous les verrous. En l'occurrence, les inculpés étaient poursuivis sur la base de l'article 87 bis du Code pénal, largement décrié par les juristes et défenseurs des droits comme une disposition fourre-tout utilisée à des fins politiques. Parmi les accusés, des figures de la société civile comme Kaddour Chouicha, président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH), Jamila Loukil, journaliste, ou encore Mustapha Guerra, activiste. Tous sont connus pour leur engagement de longue date en faveur des libertés publiques et leur rôle actif dans le Hirak de 2019. Difficile dès lors pour l'opinion publique de croire aux accusations de collusion avec une hypothétique « organisation terroriste ». S'agirait-il plutôt de se débarrasser de voix gênantes sous couvert de lutte antiterroriste ? Le scepticisme était d'autant plus de mise après que Rachad ait été classé comme groupe « terroriste » en mai 2021, en pleine répression du mouvement de contestation du Hirak. Avec ce spectaculaire acquittement faute de preuves, c'est toute la stratégie du pouvoir pour museler ses opposants qui se trouve fragilisée. Reste à savoir si les autorités algériennes réviseront leur approche sécuritaire et leur usage extensif de la qualification « terroriste » pour neutraliser les voix dissidentes.


La rédaction

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