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Algérie : La police interpelle plusieurs anciens dirigeants de l’ex- FIS dissous

Algérie : La police interpelle plusieurs anciens dirigeants de l’ex- FIS dissous
Ali Ben H'jar et Ahmed Zaoui ; anciens cadres du Front islamique du salut (FIS) dissous

L'arrestation en Algérie de figures de l'islamisme politique ravivent les tensions du passé et divisent l'opinion publique. La décennie noire resurgit dans les débats, réveillant les plaies mal refermées de l'histoire algérienne.


Ali Ben H'jar, ancien dirigeant du Front islamique du salut (FIS) dissous, a été interpellé le 1er octobre à son domicile de Médéa. Son arrestation fait suite à un communiqué très critique contre le régime publié par ce vétéran du FIS.


D'autres arrestations ont suivi, visant d'anciens cadres et sympathisants du FIS. Ces interpellations relancent avec force le débat sur le passé algérien et la « décennie noire » des années 1990, période sanglante qui avait vu s'affronter islamistes armés et forces de l’ordre.


La famille d'Ali Ben H'jar dénonce une arrestation « arbitraire »  de ce septuagénaire et l'impossibilité de lui rendre visite. Le journaliste et réalisateur Mohamed Zaoui, frère d'un autre interpellé, Ahmed Zaoui, rappelle dans un post sur son compte Facebook que ce dernier a déjà beaucoup souffert durant son long exil en Nouvelle-Zélande. Il craint aussi pour la santé très fragile de leur père âgé de 97 ans.


Ces arrestations réveillent des tensions politiques vives et divisent profondément l'opinion algérienne. Pour certains, il s'agit d'une tentative du pouvoir pour instrumentaliser la lutte antiterroriste afin de faire taire toute voix dissidente.


D'autres estiment normal que la justice poursuive des responsables islamistes qui n'ont jamais renié leurs idées extrémistes. Ce climat de suspicion ravive aussi le débat sur les crimes commis durant la « décennie noire », une période qui hante encore les mémoires algériennes.




Récemment, la justice suisse a ouvert une procédure contre Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, pour des crimes contre l'humanité présumés durant cette période sombre. Ce dossier sensible divise aussi profondément les Algériens.


Anwar Haddam, ancien dirigeant du FIS dissous et actuel président du Mouvement pour la liberté et la justice sociale (MLJS), a lancé un appel au président Tebboune. Il lui demande de prendre personnellement en main le dossier délicat de la « réconciliation nationale » qui divise tant le pays.


Dans une déclaration publique, Anouar Haddam s'étonne que ces arrestations « interviennent au moment où le président Tebboune tente de résoudre la crise politique au Niger ». Il appelle le chef de l'Etat à assumer directement la responsabilité de la réconciliation nationale et à la retirer des mains de ceux qui selon lui s'y opposent.




Sophie K.


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