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Algérie : la répression s'abat encore sur les opposants via l'article 87bis du Code pénal

Brandi comme une épée de Damoclès, l'article 87bis du Code pénal algérien est devenu l'arme fatale du régime pour réduire au silence ses opposants.


Derniers exemples en date : les lourdes condamnations le 12 novembre de cinq militants par le tribunal criminel de Dar El Beida à Alger. Des peines allant de 2 à 7 ans de prison ont été prononcées pour de vagues motifs d'«appartenance à une organisation terroriste» et d'«apologie du terrorisme», en lien supposé avec le MAK, un mouvement indépendantiste qualifié de «terroriste » par l’Algérie depuis 2021.

 

Cet article aux contours volontairement flous est dénoncé depuis 2021 comme une loi «liberticide» par de nombreuses ONG algériennes et internationales de défense des droits humains. En étendant considérablement la définition du «terrorisme», il permet en effet de punir sur de simples soupçons ou des prétextes fallacieux, piétinant au passage le principe sacro-saint de présomption d'innocence.

 

Depuis sa modification par le Parlement algérien en mai 2021, l'article 87bis est utilisé de manière extensive pour mater le «Hirak», ce mouvement de contestation populaire né en 2019. Des dizaines de militants ont été jetés en prison après des procès expéditifs dignes des heures les plus sombres de l'Algérie. Rien qu'en 2022, pas moins de 200 personnes ont été placées en détention provisoire sur la base de cet article.

 

Face à cette dérive autoritaire, de nombreuses voix se sont élevées, à l'image de la déclaration signée en décembre 2021 par 150 personnalités algériennes fustigeant l'usage arbitraire de ce «texte scélérat». Mais les critiques ont également fusé à l'étranger. Lors d'une session du Conseil des droits de l'Homme à Genève le 11 novembre 222, plusieurs pays ont pointé du doigt ces atteintes graves aux libertés fondamentales.

 

Pourtant, en dépit de cette pression nationale et internationale, le régime algérien persiste à instrumentaliser l'article 87bis pour écraser toute opposition, quitte à sombrer dans l'arbitraire le plus total. Sur le terrain, les récents acquittements faute de preuves suffisantes révèlent les limites d'une loi utilisée par pur opportunisme politique, au mépris de l'État de droit.


Sophie K.


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