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Algérie: Le ministère du Commerce fait la guerre aux couleurs de l’arc-en-ciel


Le ministère du Commerce envisage de lancer une campagne de sensibilisation contre ce qu’il considère être des produits aux couleurs ou aux symboles “non conformes aux préceptes de l’islam”, rapporte le site d’information Algérie 360.



Algérie 360 fait clairement référence aux couleurs portées par les communautés LGBTQI, un sujet qui “reste un tabou pour les peuples musulmans”. Toujours selon le site d’information, “plusieurs produits comportant le drapeau arc-en-ciel sont commercialisés sur le marché algérien”.


Du 3 au 9 janvier 2023, le ministère du Commerce mènera ainsi une action de sensibilisation auprès des consommateurs algériens sur les dangers de certains produits qui “incitent à déroger aux règles de la charia”. En ligne de mire notamment, les objets aux couleurs de l’arc-en-ciel, ou qui font référence au drapeau de la communauté LGBTQI.


Dans le monde, 72 États ont une législation répressive à l'égard des personnes homosexuelles, condamnées parfois à la peine capitale ou la prison à perpétuité:


L’homosexualité constitue toujours un délit en Algérie, passible de trois ans de prison. Ce délit est en effet puni par les articles 333 et 338 du Code pénal : « Tout coupable d’un acte d’homosexualité est puni d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 500 à 2 000 DA . Si l’un des auteurs est mineur de -18 ans, la peine à l’égard du majeur peut être élevée jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 10 000 DA d’amende ». Malgré cette chape de plomb, la parole se libère en Algérie. De plus en plus d’homosexuels osent ainsi affronter le regard des autres mais surtout de leur famille en faisant leur coming out.



En Tunisie, la société civile a jeté un pavé dans la mare en demandant l’abrogation de l’article 230 du Code pénal selon lequel « la sodomie et le lesbianisme » sont passibles de trois ans de prison.


Sur le continent africain, plusieurs pays ont une législation punitive envers les relations homosexuelles, allant jusqu'à la peine de mort. Si son application tend à diminuer, elle reste en vigueur au Soudan, en Somalie, en Mauritanie et au Nigeria. Et pour beaucoup d'autres États, l'homosexualité est passible de lourdes peines de prison comme en Égypte où 11 personnes ont été condamnées en 2016 de 3 à 12 ans d'emprisonnement pour « débauche et incitation à la débauche ». En Ouganda, Tanzanie ou encore en Sierra Leone, avoir des relations avec une personne du même sexe peut conduire à la prison à perpétuité.


En 2019, selon les informations provenant d’organismes officiels et des organisations non gouvernementales (ONG), soixante-douze États pénalisent sévèrement les relations sexuelles entre personnes de même sexe, dont huit par la peine capitale.


La montée des intégrismes religieux dans le monde n’augure pas d’une amélioration de la situation. Bien au contraire, les sectes évangélistes, l’Église orthodoxe russe, l’Islam radical et les juifs traditionalistes ne cessent d’inciter à la haine envers les personnes lesbienne, gay, bisexuel, transgenre et intersexe (LGBTI).


Outre les États qui pénalisent formellement l’homosexualité, il en existe d’autres où le viol punitif ou le viol curatif, le mariage forcé, l’internement psychiatrique forcé, les thérapies médicales sous contrainte, les violences, le harcèlement et les discriminations, sont monnaie courante.


Au surplus, peut être persécutée toute personne en raison de ses activités « revendicatrices » en faveur de la reconnaissance des droits des homosexuels. L’État n’a pas, hélas, le monopole de la persécution. Même en l’absence de criminalisation de l’homosexualité, le voisinage, la famille, l’employeur et la société en générale peuvent être source de violences envers les personnes LGBTI. Pourtant, pendant longtemps, les États n’ont pas octroyé de protection internationale aux personnes homosexuelles et transidentitaires.


L'asile du fait de l'orientation sexuelle:


La procédure d’asile se déroule généralement en l’absence de preuves matérielles susceptibles d’écarter le bien-fondé des demandes présentées. Cette situation rend la tâche d’instruction plus délicate et plonge les instructeurs dans une incertitude assez générale. L’établissement des faits et l’évaluation de la crédibilité du récit se font donc largement sur des hypothèses et des estimations de probabilités approximatives.


La stigmatisation sociale et la répression juridique de l’homosexualité dans les pays d’origine sont étroitement liées à l’histoire juridique de l’orientation sexuelle en Occident. Sauf pendant l’Antiquité où l’attirance érotique et l’amour pour les personnes de même sexe étaient socialement acceptés, la tradition judéo-chrétienne opère un changement radical de la morale sexuelle.


Tout au long du Moyen-Âge, ce fut autour de la notion de « sodomie » que les rapports sexuels entre personnes de même sexe ont été problématisés. La sodomie est une création de la théologie médiévale qui a permis de classer certains désirs et certaines dispositions dans la catégorie de vitium contra natura. Si le terme désigne en principe toutes les formes de rapports sexuels non reproductifs, c’est tout particulièrement l’homosexualité masculine qui se trouve visée.


La Renaissance, de par sa référence fondamentale au passé gréco-romain, a constitué une période de relative tolérance envers l’homosexualité. « Vivre et laisser vivre » fût le mot d’ordre des aristocrates italiens lesquels, sans approuver moralement l’homosexualité, ne trouvaient pas non plus nécessaire de la punir. C’est surtout par le biais de l’art que l’homosexualité émerge à la surface sociale.


Toutefois, aussi bien pendant la Renaissance que tout au long du XVIIIème siècle les bûchés de l’inquisition ne se sont jamais éteints. Au mois d’octobre de l’année 1783, un dénommé Jacques-François Pascal devient la dernière victime des flammes en France. Il fut brûlé sur la place de Grève à Paris avec l’inscription suivante : « Débauché contre nature et assassin ».


La Rédaction








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