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Algérie–Maroc : deux visions opposées du multilatéralisme à l’ONU

  • 9 juil.
  • 2 min de lecture

L’Assemblée générale de l’ONU a révélé, à travers un vote pourtant technique, deux trajectoires diplomatiques qui s’opposent désormais ouvertement au Maghreb. Alors que 136 États ont soutenu la tenue d’un débat urgent sur l’embargo américain contre Cuba, l’Algérie s’est inscrite dans une continuité historique, fidèle à une vision du multilatéralisme héritée du tiers‑mondisme et du mouvement des non‑alignés. À l’inverse, le Maroc a choisi de s’aligner sur Washington, confirmant un repositionnement stratégique qui le distingue de plus en plus des dynamiques du Sud global.


Pour Alger, ce vote n’est pas un geste isolé mais l’expression d’une doctrine diplomatique cohérente. Depuis les années 1960, l’Algérie défend Cuba dans toutes les enceintes internationales, au nom de la souveraineté des États et du rejet des sanctions unilatérales. Cette posture s’est renforcée ces dernières années, à mesure que le pays cherche à consolider son rôle de puissance stabilisatrice en Afrique et dans le monde arabe. En soutenant l’ouverture d’un débat sur le blocus, l’Algérie réaffirme son attachement à un ordre international fondé sur le droit, la négociation et la centralité de l’ONU. Elle se positionne comme un acteur du Sud global, soucieux de préserver son autonomie stratégique tout en tissant des alliances avec des puissances émergentes comme la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud.


Ce multilatéralisme de principes sert aussi une ambition plus large : faire de l’Algérie un pays pivot capable d’influencer les débats internationaux. En défendant Cuba, en plaidant pour une réforme du Conseil de sécurité ou en soutenant la cause palestinienne, Alger cherche à maintenir une cohérence diplomatique qui lui permet de rester lisible et crédible. Cette stratégie contraste avec celle du Maroc, seul pays africain à avoir voté contre la motion cubaine, confirmant son alignement sur les priorités américaines, notamment dans le contexte du dossier du Sahara occidental.


Le vote sur Cuba, loin d’être anodin, illustre ainsi la manière dont l’Algérie utilise le multilatéralisme pour affirmer sa place dans un monde en recomposition. Entre fidélité aux alliances historiques, défense de la souveraineté et recherche d’un rôle accru dans les forums internationaux, Alger mise sur une diplomatie qui privilégie la stabilité, le dialogue et la résistance aux pressions unilatérales. Dans un paysage géopolitique fragmenté, cette stratégie lui permet de préserver sa marge de manœuvre tout en consolidant son image de puissance du Sud global.


Yacine M


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