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Algérie : une quinzaine d'anciens du FIS derrière les barreaux

La justice algérienne a fermement réagi ce week-end en ordonnant l'incarcération d'une quinzaine de figures historiques du Front islamique du salut (FIS), parti dissous depuis 30 ans. Ce coup de filet vise à décourager toute velléité de ressusciter le FIS, malgré l'amnistie accordée aux islamistes repentis en 2005.


Parmi les individus appréhendés figurent des personnalités emblématiques du FIS à l'instar de Ahmed Zaoui, membre du Conseil des cadres du parti dissout,  Nacer-Eddine Turkman,  ou encore Badreddine Guerrafa, ancien député du FIS à l'Assemblée populaire nationale. On note également la présence de Maître Mohamed Chahid, avocat membre du Collectif de défense des détenus d'opinion, réputé pour défendre des islamistes.


Ces personnes avaient été interpellées ces derniers jours dans différentes wilayas du pays, notamment à Alger, Blida et Boumerdès. Elles ont ensuite été transférées au centre de lutte contre le crime organisé, dans l'enceinte de la caserne de Sidi M'hamed à Alger, où elles ont été auditionnées avant d'être présentées au magistrat.


Ces arrestations font suite à la publication fin-septembre d'une déclaration politique signée par Ali Ben H’jar, ancien émir du groupe armé « Al-Daawa wa Al-Jihad », lui aussi écroué. Ce texte, qui dissertait sur la situation politique en Algérie, était signé au nom d'une entité se présentant comme les «cadres du Front Islamique du Salut Authentique», en référence directe au FIS. Or, la loi algérienne interdit formellement aux anciens membres de ce parti dissous toute activité ou expression politique en son nom. Par ailleurs, les islamistes ayant bénéficié de l'amnistie prononcée par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2005, il leur est formellement interdit de réintégrer la vie politique du pays.


Reste à savoir si ce coup de semonce suffira à dissuader les vétérans de la mouvance islamiste de tenter de réinvestir la scène politique. Le parquet n'a pour l'instant fait aucune déclaration, mais l'affaire rappelle de douloureux souvenirs du passé que l'Algérie pensait avoir surmontés.



Sophie K.


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