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Alger: Interdiction d’une conférence sur "la justice transitionnelle en Algérie"


Ce jeudi 29 février, une conférence sur "la justice transitionnelle en Algérie", devait voir lieu dans les locaux de l'association SOS Disparus Algérie à Alger. Cependant, l'événement a été empêché par un important déploiement policier jugé “massif et inadapté” par l’ONG.


Dès le matin, l'immeuble qui devait accueillir la conférence ainsi que tout le quartier ont été encerclés par de nombreux agents en civil et des véhicules banalisés aux vitres teintées. Selon SOS Disparus, toutes les personnes qui devaient participer à cet événement - familles de disparus, intervenants - se sont vu interdire l'accès à l'immeuble.


Même les membres et le personnel de l'association déjà présents au bureau ont été forcés de quitter les lieux.


L'avocate de l'association, refusant dans un premier temps de quitter le bureau, a fait l'objet de mauvais traitements. Sa carte professionnelle a été photographiée avant qu'elle ne se résigne, malgré elle, à quitter les lieux après avoir cédé aux pressions.


Selon nos sources, des militants venus de loin ont été invités à quitter les lieux. L'ex détenu d'opinion Sadek Louail, récemment marié avec l'ex détenue d'opinion Moufida Kharchi a été arrêté et relâché après plusieurs heures passées au commissariat du Cavignac.


La police a invoqué une décision “exceptionnelle” sans rapport avec le thème de la conférence, indique une source.


Pour rappel, plusieurs avocats devaient participer à l'événement, dont Me Adnane Bouchaib, Noureddine Ahmine, Zakaria Benlahrech, Abdelghani Badi et Nabila Smail, ainsi que la Présidente de l'association "Djazairouna" des victime du terrorisme de la région de la Mitidja, Mme Cherifa Kheddar, et la Présidente du Collectif des familles de disparu (e)s (CFDA), de SOS Disparus et de la Fédération Euro- méditerranéenne contre les disparitions forcées (FEMED), Mme Nassera Dutour. 


Les victimes des années 90, luttent depuis plusieurs années pour la vérité et la justice. Conscientes qu'un même système présumé coupable de crime contre l'humanité ne souhaiterait jamais établir des vérités sur les crimes du passé, les familles de victimes et les ONG de défense des droits de l'Homme travaillent pour un processus de justice transitionnelle qui couvrira l’éventail complet des divers processus et mécanismes qui seront mis en œuvre par la société algérienne pour tenter de faire face à des exactions massives commises dans les années 90, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation.


En tant qu’étape vers la réconciliation et la prévention de nouvelles violations, la justice transitionnelle vise à apporter une reconnaissance aux victimes, à renforcer la confiance des individus dans les institutions de l’État, à renforcer le respect des droits de l’homme et à promouvoir l’état de droit.


Il a été démontré à maintes reprises que les processus de justice transitionnelle peuvent contribuer à régler les griefs et combler les divisions. À cette fin, ces processus doivent être adaptés au contexte, être pilotés par les pays et être centrés sur les besoins des victimes. Ils peuvent alors relier, autonomiser et transformer les sociétés, et contribuer ainsi à l’établissement d’une paix durable.


Sophie K.

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