APN : recomposition des blocs, rituels institutionnels et une présidence déjà écrite
- 27 juil.
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Quatre semaines après la tenue des élections législatives, la liste des nouveaux députés a été publiée dans le Journal officiel, ce qui en fait des parlementaires à part entière. Cela ouvre la voie à la nomination ce mardi 27 juillet d’un nouveau président de l’Assemblée populaire nationale pour entamer une nouvelle législature.
Avant cette échéance officielle, les instances de la nouvelle APN ont commencé à être mises en place dès dimanche 26 juillet. Un bureau provisoire de l’APN s’est tenu sous la présidence du doyen des députés, Abdelkader Bellahcen, élu de la capitale sur la liste du Front de la Justice et le développement (FJD). La réunion a surtout regroupé des représentants de partis politiques dans le but de désigner les vice-présidents et les présidences des commissions permanentes. Ainsi, le parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au niveau de l’APN, à savoir le FLN, aura droit à 2 vice-présidents, en même titre que le RND. Les autres formations, comme le MSP et Al-Moustakbal et El-Bina , auront un seul vice-président.
En attendant, certains groupes parlementaires ont déjà désigné leur président. Ainsi, Athmane Rachid, élu de la wilaya de Tipaza, sera le chef de députés FLN, Nasreddine Aouinat, élu de Tiaret, représentera, lui, les députés d’El-Moustakbal. D’autres groupes, le RND, Le MSP, El-Bina, Sawt Echaab et les indépendants vont faire de même prochainement. Il est possible que des parlementaires de l’opposition, notamment du courant démocratique, puissent créer un groupe parlementaire autour du FFS qui constitue la première force de cette tendance avec 12 députés élus. Il faut au moins 15 membres pour constituer un groupe parlementaire, indispensable pour faire des propositions de lois.
Il reste maintenant à trouver un nouveau président à cette assemblée. Officiellement, le troisième homme de l’Etat après le président de la République et le président du Sénat, est choisi par les députés. Mais dans les faits, ce choix est partagé avec le chef de l’Etat. Pour cela, des noms circulent d’ores et déjà et le favori est Atallah Touati. Originaire de Ouargla, cet ancien énarque a occupé plusieurs fois le poste de wali et de directeur central dans des administrations centrales de certains ministères avant de prendre sa retraite en 2024. Il est élu sur la liste FLN et a pour premier atout, en plus de sa longue expérience comme commis de l’Etat, d’être issu du Sud du pays, comme c’est d’ailleurs le cas pour le président sortant, Ibrahim Boughali, natif de Ghardaïa.
Mais la présidence de la République peut tenter un coup historique : choisir une femme. Pour cela, qui de mieux que Chahrazad Benboulaïd, petite-fille du héros Mostefa Benboulaïd, élue sur la liste FLN de la wilaya d’Alger. Si l’information se concrétise, ce sera la première femme à occuper un poste aussi élevé dans l’Etat algérien après l’indépendance. En plus de cela, Chahrazad Benboulaïd a l’atout de porter le nom d’un des grands dirigeants de l’insurrection de novembre. Son seul handicap est son manque d’expérience politique.
En attendant cette formalité, le débat autour des prérogatives des députés et de la place du parlement dans l’édifice institutionnel du pays ne fait que commencer. Comme la précédente législature, celle qui s’ouvre ne changera pas la situation, puisque malgré l’entrée dans l’hémicycle de certains députés de l’opposition, l’APN restera une chambre d’enregistrement pour les décisions de l’Exécutif.
Essaïd Wakli



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