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Avant projet de Loi sur le faux et l’usage du faux, mais quid de la fraude électorale ?

Un projet de loi visant à renforcer la lutte contre la falsification et l’utilisation de faux documents a été étudié par le gouvernement, jeudi.


Ce projet de loi fait suite aux instructions du président de la République, et s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de son engagement pour la moralisation de la vie publique, selon un communiqué des services du Premier ministre.


La falsification et l’utilisation de faux documents sont un fléau qui ronge le pays, qui altère les données, qui octroie des avantages indus à certains et qui s’est répandu dans tous les domaines de la société algérienne. A tel point que l’évocation, d’un dossier régulier ou d’une notion de sincérité, est devenue une hérésie.


Le cas le plus édifiant est celui du BAC. Il y a quelques années, un scandale a éclaté à l’université d’Oran, où de nombreux étudiants et diplômés n’avaient pas du tout le BAC ou l’avaient falsifié.


Des dizaines de faussaires ont été traduits en justice, dont des fils de personnalités de la ville d’Oran. Et jusqu’à aujourd’hui, les Algériens subissent la coupure d’internet à l’échelle nationale pendant la période de cet examen.


La falsification et l’utilisation de faux documents ne sont pas un phénomène marginal qu’on peut facilement éliminer par le renforcement d’une loi et la menace d’une peine sévère. Elles sont inhérentes à la nature du pouvoir algérien ; elles imprègnent les gènes de l’administration et elles en sont le code génétique.


Le pouvoir algérien est né d’un coup d’Etat et a été entretenu par une longue série, une saga de soixante années de falsification et de tromperie électorale lors des scrutins présidentiels, législatifs et locaux. De plus, même lors des élections des syndicats d’entreprises ou des différents ordres, le truquage des urnes est une pratique courante.


Ainsi, avec l’arrivée d’internet, les fraudes ont été exposées en direct et en différé et les jeunes algériens ont assisté à chaque fois au spectacle sans qu’il n’y ait aucune réaction des pouvoirs publics. Au contraire, les autorités protègent les fraudeurs électoraux, sauf à de rares exceptions quand elles veulent se débarrasser de quelques moutons noirs de leurs rangs.


C’est donc dans un climat permanent de fraudes, de faux et usage de faux que les jeunes algériens ont grandi.


Ce projet de loi cible principalement les couches les plus démunies de la société, qui ont recours à la falsification de documents administratifs pour pouvoir prétendre aux aides sociales, comme le couffin du Ramadhan, l’indemnité de la rentrée scolaire ou du chômage. Mais surtout, cela concerne la falsification du certificat de résidence pour pouvoir accéder à un logement social.


Et donc, ce sont ces catégories qui vont payer le prix fort, avec des peines allant jusqu’à 15 ans de prison, comme ces épiciers qui ont écopé de plus de 10 ans de prison pour quelques bidons d’huile.


Pour combattre le faux et l’usage de faux, Il faut partir du haut et descendre vers le bas, C’est-à-dire restaurer l’élection des élus du peuple par des scrutins propres, transparents et respectueux. Et cela doit passer forcément par plus de démocratie et de libertés pour que le peuple algérien retrouve sa dignité.


Yacine M

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