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Ces pays victimes collatérales du conflit yéménite : l’impact du contournement de l’Afrique

Dans les montagnes accidentées du Nord-Ouest du Yémen, où les altitudes oscillent entre 2 000 et 3 000 mètres, se trouve le Şa’dah, bastion des Houthis. Ces derniers règnent presque entièrement sur le territoire yéménite, qui s’étend sur 1906 kilomètres de côtes bordant la mer d’Arabie, le golfe d’Aden et la mer Rouge. C’est depuis ces rivages qu’ils lancent leurs attaques contre les navires empruntant le cap de Bab Al-Mandab, passage incontournable vers le canal de Suez.



Cependant, le vendredi 15 décembre, plusieurs géants du transport maritime mondial, dont le danois Maersk, l’allemand Hapag-Lloyd, le français CMA CGM et l’italo-suisse MSC, ont annoncé la suspension du passage de leurs navires en mer Rouge. Cette décision fait suite aux attaques perpétrées par les rebelles Houthis du Yémen, poussant ces compagnies à emprunter le cap de Bonne Espérance de l’Afrique du Sud.


L’Égypte est le premier pays à souffrir de ce contournement, perdant ainsi les huit milliards de dollars de revenus annuels générés par le canal de Suez. En effet, 12% du commerce mondial transite par la mer Rouge, représentant un total de 20 000 navires.

Cette déviation aura un impact considérable sur les pays de la Méditerranée, dont Israël et l’Europe, qui entretiennent un important flux d’import/export avec l’Asie.


Le continent américain, quant à lui, est épargné grâce à l’océan Pacifique qui le relie à l’Asie.


L’Algérie n’échappe pas à cette situation. Le contournement de l’Afrique va considérablement rallonger les trajets : pour relier la Chine à Alger, le détour augmente le voyage de 40%, passant d’environ 7 400 milles marins (13 709 kilomètres) à 10 360 milles (19 192 kilomètres), selon le cabinet S&P Global.


Les délais de transport vont également s’allonger de 15 à 30 jours, augmentant ainsi le coût du fret maritime d’environ 1 000 à 1 500 dollars pour un conteneur de 40 pieds.


En Algérie, les prix de tous les produits, déjà élevés, vont connaître une augmentation certaine, d’autant plus que notre pays importe pratiquement toutes les matières et fournitures ainsi que les biens d’équipements, essentiellement de Chine.


Par effet domino, même les produits importés des pays européens vont connaître le même sort, provoquant ainsi une crise mondiale.


Face à cette situation, les pays occidentaux ont réagi en envoyant des forces navales pour protéger les navires en mer Rouge. Cependant, cette solution suffira-t-elle ? L’option militaire ne peut rien régler car les bombardements des régions montagneuses au Yémen sont inefficaces et même une intervention militaire terrestre ne serait qu’un bourbier supplémentaire pour les occidentaux.


Seule l’option des négociations avec les Houthis pourrait dénouer cette crise mais cette solution passe nécessairement par l’arrêt des attaques des palestiniens par Israël.


Le conflit semble s’élargir, prenant une envergure mondiale. Les nations occidentales, dans leur soutien inconditionnel à Israël, sont-elles conscientes du péril imminent ? N’ont-elles pas déjà été témoins des ravages de deux guerres mondiales dévastatrices ?


Yacine M

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