Coopération consulaire rétablie : Paris reprend les expulsions vers Alger
- 30 avr.
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Dernière mise à jour : 4 mai

La France a repris les expulsions vers l’Algérie après la délivrance -de nouveau- de laissez‑passer consulaires par Alger. Cette évolution met fin à près d’un an de blocage administratif et diplomatique.
Après plusieurs mois d’interruption, les expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière depuis la France ont repris, grâce à la délivrance de plusieurs dizaines de laissez‑passer consulaires par les autorités algériennes. Ces documents, indispensables pour exécuter une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) lorsqu’une personne ne possède pas de passeport valide, avaient été suspendus depuis le printemps 2025 dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Alger.
Selon des informations concordantes de Franceinfo, confirmées par plusieurs médias, cette reprise s’est matérialisée par sept expulsions effectuées en une seule journée, signe d’une accélération nette des procédures.
Le déblocage est directement lié à la visite, en février 2026, du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez à Alger. Ce déplacement avait pour objectif de rétablir un dialogue migratoire devenu quasi inexistant sous son prédécesseur. Depuis cette rencontre, les consulats algériens en France ont recommencé à délivrer les documents nécessaires, permettant une reprise progressive mais réelle des reconduites à la frontière.
Du côté algérien, cette coopération renouvelée est perçue comme un geste technique, sans pour autant signifier un apaisement global des relations bilatérales. Les tensions diplomatiques restent vives, notamment après plusieurs épisodes de crispation liés à des dossiers politiques et judiciaires. Néanmoins, la reprise des laissez‑passer marque un changement notable dans un dossier où les deux pays étaient dans une impasse depuis près d’un an.
Pour les autorités françaises, cette évolution constitue un signal important : elle permet d’augmenter le taux d’exécution des OQTF, un indicateur scruté de près dans le débat public. Le gouvernement souligne que cette coopération s’inscrit dans une approche « pragmatique », visant à maintenir le contact avec Alger tout en affirmant une politique de fermeté.
En pratique, la reprise reste prudente et fragile. Les services français savent que chaque prise de position publique peut être interprétée comme un message politique par Alger. Mais sur le terrain, les expulsions ont bel et bien recommencé, portées par un rétablissement du canal consulaire, indispensable au fonctionnement de la procédure.
Yacine M



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