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Disparition d'un jeune Algérien lors d'une traversée vers Ceuta: le témoignage déchirant de sa sœur

C'est un drame que raconte le site InfoMigrants dans un poignant témoignage. Kenza, une jeune femme originaire de Tizi Ouzou, cherche désespérément son petit frère Hamza, 27 ans, porté disparu après avoir tenté de rallier à la nage l'enclave espagnole de Ceuta en août 2023.

 

"Jamais je n'aurais cru devoir subir ça. La disparition de mon frère", confie Kenza, la voix brisée par l'angoisse. Elle revient sur le parcours tragique de son frère, décidé à fuir l'Algérie pour rejoindre leurs autres frères et sœurs installés en France.


"Il a toujours voulu partir en Europe. On a deux frères et une sœur en France, il voulait les rejoindre. Et il disait que la vie en Algérie, c'était fatigant", relate-t-elle.


Une dernière demande de visa rejetée


Après des années d'étude à l'université sans perspective d'emploi, Hamza avait multiplié les demandes de visa étudiant pour l'Europe, rejetées les unes après les autres. "Il a reçu un ultime refus le 1er juin. Celui-ci, il ne l'a pas accepté", rapporte sa sœur.


Six jours plus tard, le jeune homme quittait précipitamment l'Algérie pour le Maroc afin de tenter la dangereuse traversée maritime jusqu'à Ceuta. "Nous, on lui a toujours dit d'attendre d'avoir des papiers pour partir, que la mer c'était risqué. Mais il n'a pas voulu nous écouter", déplore Kenza.


"Il attendait que la mer soit agitée »


Arrivé à Fnideq, ville frontalière de l'enclave espagnole, Hamza a tenté à plusieurs reprises la traversée à la nage, mais a été à chaque fois intercepté par les garde-côtes marocains. "La veille de sa disparition, le 3 août, il m'a appelé. Il m'a dit qu'il attendait, avec ses amis, que la mer soit agitée pour partir", se remémore sa sœur.


Depuis, plus aucun signe de vie du jeune homme. "Sa dernière connexion WhatsApp remonte au 3 août à 23h57", indique tristement Kenza. Ses amis parvenus à rallier Ceuta n'ont aucune nouvelle.


"On attend dans le vide. J'aurais préféré qu'on me dise : 'Votre frère est mort'. Le pire, c'est de ne pas savoir, de ne pas avoir de corps", confie la jeune femme, dévastée par l'angoisse et l’incertitude.


Une situation dramatique qui illustre une fois de plus les risques mortels pris par les migrants tentant de rallier l'Europe par la mer, et le lourd tribut payé par leurs familles.


Sophie K.


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