En détention, le journaliste Hassan Bouras entame une grève de la faim
- 2 mai
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Dernière mise à jour : 4 mai

A la veille de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, le journaliste et défenseur des droits de l’Homme, Hassan Bouras, a décidé d’entamer une grève de la faim, a-t-il annoncé dans une lettre publiée par sa sœur sur les réseaux sociaux.
Dans ce message écrit dans sa cellule de la prison d’El-Haoudh, à El-Bayadh et datée du 29 avril dernier, Hassan Bouras s’interroge sur les raisons de son maintien en détention : « De quel crime suis-je coupable ? Que me reprochez-vous ? Dire la vérité ? Refuser le silence ? », demande-t-il aux autorités. Il rappelle les conditions de son arrestation et de sa détention. « (…) je vous écris depuis une cellule surpeuplée. (…) Je suis détenu arbitrairement depuis le 13 avril 2026. J’ai été arrêté devant mon domicile par des policiers en civil. Mon foyer a été perquisitionné. Ma famille a été terrorisée ».
Il y a onze ans, le journaliste avait déjà subi le même sort. Interpellé de manière musclée chez lui, il a été ensuite jugé, condamné à trois ans de prison et emprisonné. Il a quitté la prison deux ans plus tard. Il entama une grève de la faim, largement relayée par les médias. Ce qui n’est pas le cas cette fois-ci, puisque son arrestation n’a été relayée que par très peu de médias en ligne, par peur de représailles.
A l’occasion du 3 mai, Hassan Bouras s’adresse à ses collègues journalistes. « Ne détournez pas le regard », a-t-il insisté. « Je connais la peur. Je connais le silence imposé », a encore précisé le détenu qui estime avoir « compris » les hommes et femmes de la corporation : « (…) je ne vous demande pas un courage héroïque ».
L’héroïsme, Hassan Bouras n’en revendique pas. Mais il refuse de baisser les bras malgré le sentiment d’injustice qui l’anime. « (…) on ne brise pas une voix en l’enfermant. À chaque arrestation, vous m’avez retiré la plume. Alors il ne me reste que mon corps pour parler. Et mon corps parlera. », promet-il. Il annonce donc avoir entamé une nouvelle grève de la faim après celle de 2015, qui lui a laissé des séquelles. Le quinquagénaire souffre en effet de plusieurs maladies, dont l’arthrose, conséquence directe de ses nombreux séjours en prison.
Pour l’instant, aucune autorité, ni un avocat, n’a donné les véritables raisons de l’incarcération de Hassan Bouras. Seul le juriste Nouredine Ahmine a indiqué que le journaliste est poursuivi pour « apologie du terrorisme ».
Avec Abdelwakil Blamm, il est le second journaliste à être derrière les barreaux, même si, comme dans de nombreux cas, les motifs de leur arrestation ne sont pas directement liés à leurs activités journalistiques.
Essaïd Wakli



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