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Fethi Ghares condamné en appel : le Parti des travailleurs appelle à la « détente »

  • 21 juil.
  • 2 min de lecture

Deux ans de prison ferme confirmés en appel pour le coordinateur du MDS, jugé pour ses déclarations sur le président Tebboune. Le Parti des travailleurs dénonce une « judiciarisation de la vie politique » et réclame la libération des détenus d’opinion.


La cour d’Alger a confirmé, ce mardi 21 juillet, la peine de deux ans de prison ferme prononcée contre Fethi Ghares, coordinateur national du Mouvement démocratique et social (MDS). Dans un communiqué diffusé le jour même, le Parti des travailleurs (PT) exprime sa « pleine solidarité » avec l’opposant, condamné selon lui « en rapport avec ses activités et déclarations » politiques.


Le verdict clôt un dossier ouvert à l’automne 2025, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation. Le 21 octobre dernier, le tribunal de Hussein-Dey avait reconnu la figure de la gauche laïque coupable d’« outrage à corps constitué » et de « diffusion de fausses informations » portant atteinte à l’ordre public, avec une amende de 300 000 dinars. En cause, des propos critiques envers le président Abdelmadjid Tebboune tenus lors d’un passage télévisé, peu avant son interpellation le 29 septembre 2025. Le procès en appel, plusieurs fois renvoyé depuis le printemps, a finalement tranché dans le sens du parquet.


Le PT élargit sa réaction au-delà du seul cas Ghares. « Attaché aux libertés démocratiques », le parti réclame « des mesures de détente à commencer par la libération de tous les détenus d’opinion » et l’arrêt de « toutes les mesures liberticides et toute judiciarisation de la vie politique ». La formation de Louisa Hanoune, elle-même incarcérée entre 2019 et 2020 avant sa relaxe en appel, plaide pour que le pays retrouve « libertés, débat, ouverture politique et médiatique ».


Pour Fethi Ghares, cette confirmation prolonge une trajectoire judiciaire devenue emblématique du rétrécissement de l’espace politique algérien. Emprisonné à l’été 2021 dans le sillage du Hirak, condamné à deux ans en janvier 2022 puis libéré après réduction de peine, il avait de nouveau écopé d’un an ferme en janvier 2025, après son arrestation à la veille de la présidentielle de septembre 2024. Le MDS, héritier de l’ancien Parti communiste algérien, est interdit depuis février 2023.


Le communiqué du secrétariat du bureau politique situe enfin l’affaire dans « un moment politique critique », marqué par les « guerres contre les États-nations » et les menaces contre « les souverainetés des peuples ». Une lecture qui articule, comme souvent chez le PT, défense des libertés intérieures et grille anti-impérialiste de la scène internationale.


Khaled ROUABAH


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