Fethi Ghares face au scrutin verrouillé, le pluralisme interdit et la souveraineté confisquée
- 1 juil.
- 2 min de lecture

Invité de Radio des sans voix, Fethi Ghares a livré une analyse directe et sans détour du climat entourant les élections du 2 juillet 2026, qu’il décrit comme un « processus sans pluralisme ». Au micro du média en ligne, il a dénoncé un scrutin verrouillé, dépourvu des conditions minimales permettant une compétition politique réelle. Pour lui, la question n’est plus celle du boycott, mais celle de l’exclusion : « On ne peut pas boycotter un processus auquel on n’a même pas accès », a-t-il affirmé, estimant que le cadre juridique et politique actuel empêche de fait une partie des sensibilités nationales de participer.
Ghares a rappelé que cette exclusion ne touche pas seulement des individus, mais aussi des organisations politiques entières. Il a cité le cas du Mouvement Démocratique et Social (MDS), gelé par une décision juridique qu’il qualifie de clairement politique, et qui illustre selon lui la volonté du pouvoir de neutraliser toute force critique susceptible de porter une alternative. « Quand un parti est gelé administrativement pour des raisons politiques, comment peut-on parler de pluralisme ? », a-t-il lancé, soulignant que ce type de mesure transforme le champ politique en espace sous contrôle, où seules les voix autorisées peuvent s’exprimer.
Revenant sur les dynamiques post-Hirak, Fethi Ghares a décrit une continuité du système malgré six années de mobilisation citoyenne. Il a évoqué la recomposition interne des centres de décision, la prééminence des appareils sécuritaires, l’absence de garanties effectives des libertés publiques et un mode de gouvernance qu’il juge « autoritaire, verrouillé et imperméable au contrôle démocratique ». À ses yeux, les élections du 2 juillet ne sont qu’une reconduction des mêmes mécanismes d’exclusion et de domination, sans rupture ni ouverture.
Loin de se limiter à la critique, Ghares a formulé un appel à l’ouverture d’un véritable processus électoral, fondé sur la libération des détenus d’opinion, la garantie des libertés d’association, de réunion et d’expression, et l’accès égal de toutes les sensibilités politiques à la vie publique. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la souveraineté populaire comme principe cardinal, seule voie selon lui pour reconstruire la confiance entre gouvernants et gouvernés et engager une transition politique crédible.
Son intervention sur Radio des sans voix illustre le rôle croissant des médias alternatifs dans un paysage médiatique fortement contraint. La radio, suivie par une partie de la jeunesse politisée, offre un espace où peuvent s’exprimer des voix marginalisées ou exclues des canaux institutionnels.
À la veille du 5 juillet, date hautement symbolique de la souveraineté nationale, Ghares a conclu sur une note d’espérance. Il a appelé les Algériennes et Algériens à inventer de nouvelles formes de solidarité et de pensée politique, convaincu que le génie national peut encore dégager une volonté souveraine et légitime pour une sortie de crise.
Nadia B



Commentaires