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Fragilisée par la crise politique interne: l’Algérie entame son mandat au Conseil de Sécurité de l'ONU

Le 1er janvier 2024, l'Algérie a officiellement débuté son mandat biennal en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle y défendra les intérêts du continent africain et du monde arabe. Mais ce nouveau rôle international intervient dans un contexte politique interne tendu qui risque de diminuer sa marge de manœuvre.


En effet, le pays fait face depuis bientôt 5 ans à la contestation populaire du « Hirak ». Ce mouvement prodémocratie, qui a émergé en février 2019, a contribué à la démission du président Bouteflika mais continue de manifester tous les vendredis pour réclamer le départ du «système» au pouvoir, accusé d'autoritarisme et de corruption.


C'est dans ce contexte de remise en cause du régime que la répression violente orchestrée par les autorités algériennes contre les libertés publiques cristallise les reproches. Arrestations arbitraires, interdiction des manifestations pacifiques, bâillonnement de la presse... la brutalité du pouvoir est dénoncée avec force.


Dès lors, ce nouveau mandat onusien suscite l'incompréhension et l'indignation des défenseurs des droits de l'Homme. Comment le gouvernement algérien peut-il prétendre défendre les valeurs démocratiques sur la scène internationale, alors même qu'il réprime dans le sang les aspirations démocratiques de son peuple ?


Malgré ce contexte de défiance généralisée, l’Algérie a pris ses fonctions au Conseil de Sécurité avec de grandes ambitions. Alger entend notamment porter la voix de l’Afrique pour réclamer davantage de sièges permanents et non-permanents au profit du continent. Le pays souhaite aussi relayer les causes palestinienne et sahraouie.


Cependant, cette stratégie internationale ne risque-t-elle pas d’être rapidement contrariée par l’aggravation des tensions politiques internes ? Entre contestation populaire, situation économique précaire et impératifs sécuritaires, le gouvernement algérien pourrait bien être accaparé par les crises domestiques.


Parviendra-t-il à projeter une image d’autorité et d’influence auprès des grandes puissances au Conseil de sécurité ? Cela dépendra sans doute de sa volonté à régler par le dialogue les crises en cours avec une partie de son peuple.


SOPHIE K.


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