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France: un mémorial national pour les militaires français disparus en Algérie à Port-Vendres


Le dossier des militaires français disparus en Algérie, devenus "ni vivants ni morts", reste encore méconnu. L'association "Soldis Algérie" a bataillé pour qu'un monument à leur mémoire soit érigé. C'est fait, il a été inauguré hier, mardi 30 août à Port-Vendres par Patricia Miralles, secrétaire d'Etat chargée des anciens combattants.



Comme toute guerre, la guerre d’Algérie a entraîné la disparition de militaires français.

Mais que ce soit pendant la guerre elle-même, à la fin de celle-ci ou encore jusqu’à aujourd’hui, personne n’était en mesure d’en donner ni le nombre exact, ni la liste nominative.


Le seul bilan des disparitions (toutes causes confondues) existant figure au Journal Officiel de la République française du 7 août 1986 et donne le chiffre de 1 000 disparus. Mais la liste des noms correspondant n’existe pas.


C’est pourquoi, durant dix ans, de 2012 à 2022, l’Association nationale pour la mémoire des militaires français portés disparus en Algérie (SOLDIS ALGERIE) s’est attelée, avec le soutien du Secrétariat d’Etat, puis du Ministère délégué aux Anciens Combattants, à une vaste enquête dans les différents centres nationaux d’archives de toutes sortes pour établir une liste nominative des militaires portés disparus.


Le champ retenu pour l’étude menée par SOLDIS a été délimité de la manière suivante :

  • le champ géographique de l’étude se limite aux militaires disparus sur le territoire de l’Algérie ;

  • l'espace temps a été fixé à la période allant de 1954 à 1964, découpée en trois phases :

  1. Phase 1 : du 1er novembre 1954 au 18 mars 1962, période marquée par des opérations militaires et sous juridiction de la République française,

  2. Phase 2 : du 19 mars 1962 au 4 juillet 1962, période pendant laquelle l’autorité est exercée par une instance provisoire franco-algérienne, dépourvue de pouvoir réel du côté algérien qui ne dispose pas non plus des structures étatiques de police et de justice,

  3. Phase 3 : - du 5 juillet 1962 (accession à l’indépendance de l’Algérie) au 1er juillet 1964 (retrait complet des forces militaires françaises) ;

  • selon la nature des disparitions, il a été convenu, en se référant aux textes juridiques ou aux pratiques en vigueur dans les armées à cette époque, de distinguer ce qui relève de la désertion (dont les cas n’ont pas été pris en compte), de l’état de prisonnier (dont les cas n’ont pas été pris en compte lorsqu’ils ont été libérés) ou de la disparition physique (c’est-à-dire absence de corps). Il a également été tenu compte des circonstances des disparitions, en distinguant ce qui relève du service ou pas, ce qui est imputable à l’ennemi ou pas, ou ce qui découle d’accidents. Mais quel que soit cette circonstance, la disparition a été prise en compte ;


  • selon le statut des militaires concernés : il a été convenu que sous l'appellation militaires français de l’armée régulière portés disparus au cours de la guerre d’Algérie, seraient inclus toutes les personnes relevant à l’époque du ministère des Armées (y compris la Gendarmerie), c’est-à-dire : les militaires des trois armées (Terre, Mer et Armée de l’Air), les militaires en activité de service quels que soient leur statut et leur grade du moment (sous contrat, de carrière, appelé, rappelé), les militaires détachés au Service des Affaires Algériennes (SAS) et les harkis ayant souscrit un contrat d’engagement.

Le terme de militaire français s’applique donc :

  • aux militaires français de souche européenne (F.S.E) et antillaise,

  • aux militaires français de souche nord-africaine (F.S.N.A.),

  • aux légionnaires,

  • aux militaires originaires d’Afrique noire,

et exclut donc :

  • les militaires en retraite ou anciens militaires (Les noms relevant de ces exclusions ont été inscrits dans la liste des victimes civiles disparues en Algérie (établie par M. JORDI),

  • les réservistes en non activité,

  • les civils recrutés en qualité de membres des Unités Territoriales,

  • les membres des Groupements Mobiles de Protection Rurale (GMPR) et des Groupes Mobiles de Sécurité (GMS), dépendant du ministère de l’Intérieur,

  • toutes les catégories de supplétifs, généralement appelés « harkis » (En raison du nombre très élevé de disparitions, de l’imprécision des données et du manque d’archives, l’étude n’a pas pu prendre en compte les différentes catégories de supplétifs.),

  • les personnels ayant le statut de « personnel civil » des armées.

Au terme de l’étude, il a été recensé près d’un millier de cas de militaires ayant été portés disparus, parmi lesquels :

  • 254 ont été faits prisonniers ou arrêtés par l’adversaire puis libérés ou relâchés,

  • 75 corps ont été retrouvés,

  • 47 ont disparus accidentellement en situation opérationnelle mais non du fait de l’adversaire,

  • 604 ont disparu du fait de l’adversaire, en opérations ou à la suite d’enlèvements.

Il demeure en outre plus d’une centaine de « cas incertains » pour lesquels les données, insuffisantes, n’ont pas encore permis de lever le doute.


L’ensemble des noms des militaires ayant fait l’objet de l’étude menée ont été rassemblés dans "LE LIVRE D’OR DES MILITAIRES FRANÇAIS PORTES DISPARUS EN ALGÉRIE", publié par l’association SOLDIS en 2022.

La liste présentée ici concerne les 651 disparus (chiffre qui sera amené à évoluer en fonction des recherches complémentaires ultérieures.).


La Rédaction

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