Incendies : un drame aggravé par l’absence de transparence
Dernière mise à jour : 31 août

Deux jours après le début des incendies, les autorités n’ont toujours pas donné le nombre de victimes. Ce dernier est excessivement élevé si on s’en tient aux premières données sorties des hôpitaux d’El-Aouana et Jijel-ville qui ont annoncé respectivement 36 et 37 décès. En attendant le bilan, sans doute le plus lourd, de l’hôpital d’El-Milia. Les données définitives ne sont pas encore disponibles puisque au moins 66 feux sont toujours actifs dans une dizaine de wilaya, le plus grand nombre étant enregistré à Jijel. Mais rien n’explique ni ne justifie la rétention de l’information.
En vrai, le pouvoir évite d’en parler parce que non seulement le bilan est effroyable, mais aussi parce qu’il ne veut pas de questions sur les circonstances du drame. Il y a bien un problème de chaleur puisque les températures étaient caniculaires et des vents forts ont fait le reste en poussant le feu dans toutes les directions. Mais la responsabilité de l’Etat est bien engagée puisqu’en plus d’employer tous les moyens pour éteindre les incendies, il doit protéger les populations, les mettre à l’abri de mieux qu’il peut. Cela n’a pas été fait. Pire, des familles entières ont été piégées par les flammes dans des régions fortement boisées et où la broussaille n’a pas été enlevée à temps, avant l’été.
Au lieu de cela, le pouvoir algérien a essayé de créer un écran de fumée en saturant les médias de visites ministérielles parfois maladroites. C’est le cas du déplacement du Premier ministre, jeudi à Jijel, où il a été accueilli par la fanfare de l’armée et la musique militaire qui allait avec. C’est de l’indécence.
Au lieu de parler des incendies, des victimes et des dégâts que les feux ont causés, les médias soumis aux ordres du pouvoir se contentent de couvrir les activités officielles et de se contenter des informations fournies par les autorités. Cela ajoute à la confusion et au manque de confiance dans tout ce que donnent les autorités publiques.
Une grande transparence dans la gestion d’une crise, aussi délicate soit-elle, ne peut qu’aider à éviter ce genre d’erreur dans le futur et à contribuer à porter aide et assistance aux populations.
Essaïd Wakli



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