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Justice : Amara Benyounès sous mandat de dépôt

  • 23 juin
  • 2 min de lecture

Amara Benyounès est de retour derrière les barreaux. Le juge d’instruction de la troisième chambre du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné, mardi, son placement en détention à la prison de Koléa, six ans après qu’il en était sorti libre à l’issue de sa condamnation dans l’affaire Ali Haddad.


À 67 ans, l’ancien ministre et secrétaire général du MPA se retrouve incarcéré pour la deuxième fois en sept ans, cette fois dans le cadre d’un dossier distinct, dont les contours restent encore largement opaques. Convoqué la veille pour être entendu dans plusieurs affaires liées à sa gestion lorsqu’il dirigeait les ministères de l’Industrie puis du Commerce, il est soupçonné d’infractions touchant à la probité publique : abus de fonction, dilapidation de fonds publics, non‑déclaration de patrimoine et octroi d’avantages injustifiés. Certaines sources évoquent un volet lié aux déchets ferreux et non‑ferreux, en lien avec un homme d’affaires déjà incarcéré, mais aucun détail précis n’a filtré, l’affaire demeurant sous le sceau de l’instruction.


Né en 1958 à Aïn El Hammam, Benyounès a traversé plus de deux décennies de vie politique algérienne. Entré au gouvernement en 1999 sous la bannière du RCD, il a successivement dirigé la Santé, les Travaux publics, l’Environnement, l’Industrie puis le Commerce. Fondateur du Mouvement populaire algérien, il est longtemps resté un soutien indéfectible d’Abdelaziz Bouteflika, jusqu’à son limogeage en 2015 lors d’un remaniement du gouvernement Sellal.


Sa première incarcération remonte au 13 juin 2019, lorsqu’il devient le premier ancien ministre emprisonné dans la vague judiciaire post‑Hirak. Il était alors accusé d’avoir accordé au groupe ETRHB d’Ali Haddad un projet de cimenterie. À la barre, il avait nié toute implication, affirmant avoir quitté le ministère cinq mois avant l’attribution du projet. Condamné en première instance à trois ans de prison ferme, il voit sa peine réduite à un an en appel le 3 novembre 2020, ce qui lui permet de quitter immédiatement la prison de Koléa, ayant déjà purgé la durée requise. Comme de nombreux anciens responsables, il est ensuite privé de passeport et empêché de quitter le territoire, menant depuis une vie discrète.


Sa nouvelle mise en détention intervient dans un contexte où la justice algérienne poursuit, depuis la chute de Bouteflika, un rythme soutenu d’enquêtes visant d’anciens ministres, walis, PDG et hauts cadres. Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a instruit, en 2025, plusieurs dossiers majeurs, confirmant la centralité de ces juridictions spécialisées dans la lutte contre la corruption. Les accusations visant Benyounès s’inscrivent dans les incriminations les plus fréquentes de ces dernières années, sans qu’il soit possible, pour l’heure, d’établir un lien avec une affaire déjà instruite. Les éléments précis du dossier restent inconnus et ne seront dévoilés qu’à l’issue de l’instruction, laissant pour l’instant planer un flou sur les raisons exactes de ce retour en prison.


Essaïd Wakli et Amine B

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