« L’Algérie nouvelle » veut se tailler une Assemblée sur mesure !
- 31 mai
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Depuis quelques jours, des partis politiques et des représentants de listes indépendantes évoquent un nombre impressionnant de candidats à la députation qui ont été recalés par l’Autorité indépendante des élections (ANIE). Dans certains cas, c’est carrément la moitié de la liste qui passe à la trappe, posant de sérieuses questions sur ces choix.
A regarder de loin, beaucoup crient en effet à l’escroquerie à grande échelle présente parmi les politiques. On estime que beaucoup parmi ceux qui sont exclus de la course à la députation paieraient le prix de leur implication dans des affaires douteuses ou leur alliance avec les milieux des affaires. C’est l’un des points mentionnés dans le fameux article 200 de la loi portant régime électoral qui indique qu’un candidat à l’élection législative ou locale ne doit pas être « connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales ».
En réalité, cet article n’est qu’un alibi utilisé par les autorités pour sélectionner le choix des candidats à l’élection législatives. Évidemment que parmi les postulants au scrutin, certains ont des choses à se reprocher, sur le plan moral ou dans le cadre de leurs activités économiques. Mais il est clairement établi qu’un nombre important -si ce n’est la majorité- des candidats éliminés lors de cette première phase de tri ont été victimes d’une sélection politique. Certains ont fait les frais d’un « j’aime » sur facebook, d’autres sont écartés juste parce que de simples présomptions ou des soupçons pèsent sur eux alors qu’ils ne font l’objet d’aucune accusation ou poursuites judiciaires ! Plus grave, des sources concordantes confirment ce que redoutent beaucoup : le vrai quitus de celui qui pourrait être candidat ou pas est donné par les services de sécurité !
Cette sélection en amont des listes électorales, qui touche essentiellement des candidats des partis de l’opposition, vise essentiellement à expurger le futur parlement d’éléments gênants, capables de créer la polémique ou de critiquer ouvertement le pouvoir sans trop craindre la répression grâce notamment à l’immunité parlementaire. Après avoir mis au pas la classe politique et neutralisé la presse, le pouvoir veut se prémunir de toute possible voix discordante qui viendrait de l’Assemblée nationale. C’est l’unicité dans sa splendeur qui se met en marche sans le parti unique.
En excluant ce qui reste des militants politiques, le pouvoir algérien se retrouve directement exposé au peuple, sans intermédiaire. Il n’admet pas la possibilité de voir émerger des voix discordantes, critiques. Un jour, il sera seul face à une éventuelle colère populaire.
Essaïd Wakli



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