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L'ONU presse l'Algérie de libérer les prisonniers d'opinion

Lors d'une conférence de presse mardi à l'hôtel El Djazaïr, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Mary Lawlor, a affirmé avoir exhorté les autorités algériennes à libérer les quelque 280 prisonniers d'opinion actuellement incarcérés.


Au terme d'une visite de 10 jours en Algérie, Mme Lawlor a déclaré avoir constaté « des schémas de violations utilisés pour réprimer les défenseurs des droits humains  », citant « l'acharnement judiciaire (...) par le biais de multiples poursuites pénales ».


Elle a déploré que « la législation actuellement en vigueur soit utilisée pour limiter et sanctionner le travail des défenseurs de droits de l'Homme », notamment l’article 87 bis du Code pénal réprimant le terrorisme « dont la définition est si vague qu'elle donne une grande marge de manœuvre aux services de sécurité », ainsi que les articles 144, 145 et 146 du code pénal algérien qui criminalisent « l'outrage aux institutions étatiques ».


L'experte onusienne s'est également alarmée de l'interdiction faite aux militants locaux d'accéder à des financements étrangers, « une restriction qui aggrave leur isolement ».


Elle a évoqué le cas des journalistes Ihsane El Kadi et Mustapha Bendjama, actuellement emprisonnés pour de prétendus « financements étrangers ». «J'ai soulevé cette question auprès du ministre de la Communication, Mohamed Laagab », a-t-elle précisé.


Enfin, elle a appelé les autorités à garantir « un environnement sûr et favorable » pour que les défenseurs des droits humains puissent mener leurs activités « sans crainte, ni entraves ».


Environ 280 prisonniers d'opinion, dont des activistes politiques des militants des droits humains, sont actuellement incarcérés en Algérie. L’on cite entre autres, le militant écologiste Mohad Gasmi, la co-présidente du Congrès mondial amazigh (CMA), Kamira Nait Sid, le lanceur d’alerte Noureddine Tounsi ou encore le militant de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) aujourd’hui dissoute, Ahmed Menseri.


La Rédaction

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