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La série des bus de la mort se poursuit en Algérie

  • 6 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Douze morts. Cela devient une routine. Un chiffre qui s’empile avec d’autres qui proviennent presque quotidiennement des routes algériennes. Ils ressemblent à ceux des zones de guerre. C’est pourtant le nombre de personnes mortes ce samedi 06 décembre sur la route entre Tabalbala et Béchar, dans le Sud-Ouest de l’Algérie. Un bus, plein à craquer, a quitté la route et s’est retourné à plusieurs reprises. Vingt-trois autres passagers sont blessés, dont certains dans un état très grave.


C’est le dernier épisode d’une chronique morbide d’un décompte de morts sur les routes. Une chronique tellement habituelle qu’elle est devenue banale, surtout lorsque l’accident se produit loin des regards officiels. Tout le monde se souvient du bus de l’Oued El-Harrach qui a tué 18 personnes. Mais ailleurs, à Tamanrasset, à Ghardaïa (les villes du Sud sont les plus touchées), à M’sila et ailleurs, les morts se comptent par dizaines, par centaines, par milliers. On tourne, chaque année, autour de 3500 morts sur les routes pour un pays qui compte au maximum 8 millions de véhicules tous calibres confondus. C’est énorme, même si le réseau routier algérien est l’un des plus longs à cause de l’énorme étendue du territoire national.


Mais, de ces morts, qui s’en soucie ? A part des campagnes médiatiques dont personne ou presque ne suit puisque cela ne produit pas de l’effet, très peu d’efforts sont déployés pour mettre fin à la boucherie. Il est vrai que la cause principale de ces accidents est l’élément humain qui, par des excès de vitesses, non-respect du code de la route et non-respect des conditions qui doivent être respectées pour les transports en commun qui font des longs trajets, provoque le plus grand nombre de morts, mais cela n’enlève en rien la part de responsabilité des autorités publiques. En laissant la corruption se généraliser dans l’attribution des permis de conduire, en fermant les yeux sur les graves manquements à la réglementation et en n’imposant pas des sanctions lourdes contre les contrevenants, et en laissant les routes sans entretien, les autorités assument une grande part de responsabilité dans ces drames. Car, en plus des morts, des milliers d’handicapés sortent de ces accidents. En plus de subir de lourds handicaps, ils coûtent cher à la collectivité et à leurs familles qui se trouvent ainsi bouleversées, parfois à jamais.


Il est vrai que le drame de Oued El-Harrach a tenté de secouer le cocotier. Des lois plus sévères sont en préparation. Mais sans une application stricte, cela n’aura aucun sens et ne produira aucun effet. Plus que cela, la loi doit s’appliquer à tous de la même manière. A cela s’ajoute la nécessité d’entretenir les routes et de mettre en place une signalisation routière lisible et efficiente.  Sinon, l’hécatombe continue.


Essaïd Wakli

 
 
 

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