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Le 03 juillet 1962, marque l’indépendance de l’Algerie


Le 3 juillet 1962, le lieutenant Ali Amgoud et le colonel Akli Mohand Oulhadj ont hissé le drapeau national à Sidi Fredj car le lieu était symbolique.


L’indépendance de l’Algerie a été proclamée le 3 juillet 1962 par le président du GPRA, Benyoucef Benkhedda, et son adjoint, Krim Belkacem.

Ce jour-là, le drapeau algérien a été hissé à Sidi Fredj par le colonel Akli Mohand Oulhadj et un commandant de la Zone autonome d’Alger.

Non seulement il y a eu la proclamation de l’indépendance le 3 juillet 1962, mais c’est à cette date aussi que le général français Charles de Gaulle a reconnu l’Etat algérien en dépêchant un ambassadeur en Algérie.


Les troupes françaises, 37 000 hommes selon les historiens , ont débarqué tranquillement à la mi-juin (14 juin 1830 plus précisément) dans la presqu'île de Sidi Fredj qui était une zone non fortifiée, selon un plan de débarquement dressé en été 1808 par l’officier espion Vincent-Yves Boutin, à la demande de Napoléon.

Alger est atteinte le 29 juin 1830.


La flotte bombarde la ville, et le fort l’Empereur qui protège Alger vers l’intérieur est pris le 3 juillet, après que les Turcs aient fait sauter le dépôt de munitions avant d’abandonner la position.

La population demande au Dey de capituler avant l’assaut des Français.

Le 5 juillet Alger est prise, et le Dey, refusant de se replier sur Constantine part en exil pour l’Italie le 15 du même mois.


Conformément aux accords d’Évian, l'indépendance est acquise sur le plan politique à travers le référendum d’autodétermination du 1er juillet 1962, par lequel les Algériens se prononcent à 99,72% en faveur de l’indépendance de l’Algérie.


Les revendications nationales, sociales et culturelles donnent naissance à un slogan politique : Tahya el Djazaïr, « vive l'Algérie ».



L'Algérie devient indépendante à l'issue d'une guerre de 8 ans contre la présence coloniale française, une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 5 juillet 1962 .


C'est toutefois Ferhat Abbas qui préside l'Algérie du 25 septembre 1962 au 15 septembre 1963.


Les accords d'Évian prévoyaient toutefois le maintien de la présence française dans la base navale de Mers el-Kébir ainsi qu'à Reggane, centre du programme nucléaire militaire français au Sahara, où les premières bombes nucléaires françaises sont expérimentées entre 1960 et 1966.


Entre juillet 1962 et janvier 1963, l'Algérie est au bord du chaos. Malgré la signature du Protocole judiciaire franco-algérien du 28 août 1962, le mauvais fonctionnement de la police et de la justice a des conséquences importantes sur la sécurité des habitants. La plus grande partie des Européens restant quitte le pays et des milliers de harkis sont assassinés.


« Le nouvel État algérien est dans l'incapacité de lever l'impôt », écrit Anne Liskenne, dans "L'Algérie indépendante", Armand Colin, 2015, p.55


Le déficit est de 200 milliards en décembre. Ben Bella est contraint de demander 40 milliards au gouvernement français, (Source Liskenne, ibid, p.55).



Ferhat Abbas est remplacé en 1963 par Ahmed Ben Bella, qui dirige le pays jusqu'en 1965 et instaure un pouvoir fort.


Le gouvernement Ben Bella inclut Houari Boumédiène en tant que ministre de la Défense et vice-président du Conseil, poste qu'il partage avec Saïd Mohammedi (qui sera écarté plus tard par Boumédiène et rejoindra le FIS à la fin des années 1980), et Rabah Bitat (qui deviendra ministre d'État sous Boumédiène).



En octobre 1963, une loi nationalise les terres des colons, qui possédaient alors 27 % de la surface agricole utile (SAU) du pays (soit près de 3 millions d'hectares), tandis que les quelques milliers de grands propriétaires algériens (1,3 % de l’effectif des propriétaires) détenaient 23 % des terres. (Source Un historique de la situation foncière en Algérie [archive], El Watan, 12 octobre 2004).


Néanmoins, la réforme agraire mise en place par Amar Ouzegane, « improvisée et désorganisée », déçoit par ses mauvais rendements et la casse importante de tracteurs qu'elle occasionne.



En octobre 1963, l'Algérie entre en guerre avec le Maroc : c'est la « guerre des sables », qui prend fin grâce à une médiation de l'Organisation de l'unité africaine. Le pouvoir réprime aussi la révolte des Kabyles, soutenue par le Front des forces socialistes de Hocine Ait Ahmed qui est condamné à mort l'année suivante, avant de réussir à s'évader en 1966, ce qui lui permet de partir en exil. L'ex-vice-président du GPRA, Mohamed Boudiaf, et opposant de Ben Bella, fonde le Parti de la révolution socialiste avant d'être arrêté en 1963, puis condamné à s'exiler l'année suivante.



De 1963 à 1966, la France fait quatre essais atmosphériques et treize essais nucléaire sous terre à Reggane, dans le Sahara algérien( source liberté Algérie, A. Ouali [archive]).


Bien que les relations soient tendues avec la France, elles ne cessent jamais complètement, et l'immigration de travailleurs algériens en France continue. Paris assiste le Maroc dans la répression du Front Polisario, soutenu par Alger, et achète peu de pétrole à l'Algérie.


La militarisation du pouvoir issue de la guerre entraîne celle du pays. Les militaires, sans accaparer tous les pouvoirs, contrôleront le pays pendant plusieurs décennies à travers la sélection de ses dirigeants et se réserveront les décisions en matière de répartition des budgets (source Mohammed Harbi : « L’Histoire est instrumentalisée » en Algérie [archive], jeuneafrique.com, 5 juillet 2012).


Houari Boumédiène prend le pouvoir à l'issue du putsch de 1965, qu'il présente officiellement comme un « correctif » décidé par le Conseil de la révolution algérienne. Quelques rares étudiants procommunistes tentent, sans succès, de s'opposer au coup d'État (Source Hassan, Algérie. Histoire d'un naufrage, Seuil, 1996, p. 24).


Boumédiène règne en autocrate jusqu'en 1978, perpétuant le système du parti unique, mais dirigeant surtout grâce à l'armée.


Plusieurs opposants s'exilent alors : Bachir Boumaaza, l'ex-vice-président du Conseil de Ben Bella, se réfugie en France en 1966, tandis que son homologue Saïd Mohammedi est placé sous résidence surveillée ; Hocine Aït Ahmed, chef du Front des forces socialistes, s'évade de la prison d'El-Harrach en 1966 et s'exile en Suisse, de même que son camarade Ali André Mécili, assassiné en France en 1987; l'ex-ministre des Affaires étrangères du GPRA, Krim Belkacem, est quant à lui assassiné à Francfort en 1970. Après son arrestation aux côtés de Mohamed Harbi, ex-conseiller de Ben Bella qui deviendra finalement professeur en France, Bachir Hadj Ali fonde le Parti de l'avant-garde socialiste (PAGS), qui succède au Parti communiste interdit sous Ben Bella, et qui sera dirigé par Sadek Hadjerès.


Ayant un projet socialiste, et recevant de l'aide militaire de l'URSS, le FLN gouverne le pays, en tant que parti unique, jusqu'en 1989.


L'allusion à la révolution socialiste est néanmoins abandonnée en 1976, sous Houari Boumédiène, l'Algérie se rapprochant du mouvement des non-alignés.


La démocratisation du régime dans les années 1980, sous Chadli Bendjedid et à la suite d'importants mouvements de protestation, s'achève brutalement avec le début de la guerre civile en 1991. L'Algérie traverse alors une « décennie noire », marquée par l'affrontement entre les militaires, qui continuent à détenir les rênes du pouvoir, et les divers groupes islamistes (AIS, GIA, GSPC, etc.).


En 1999, l'élection d'Abdelaziz Bouteflika contribue à ramener l'ordre. Toutefois, celui-ci règne en autocrate sur l'Algérie, et doit, au terme de quatre mandats successifs, renoncer au pouvoir le 2 avril 2019. Son successeur sera, à la fin de l'année 2019, Abdelmadjid Tebboune.



Lila MOKRI

Paris, 03 Juillet 2022

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