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Le barrage vert : un projet environnemental et géopolitique pour l’Algérie

En novembre 2021, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment, FAO, de l'anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations) avait lancé une proposition de financement d’une étude dans le cadre du FVC ( Fonds vert pour le climat) pour l’amélioration et la résilience climatique dans les steppes et les zones de forets sèches du barrage vert algérien.

Le président de la république Abdelmadjid Tebboune a inauguré à partir de la wilaya de Djelfa la relance du barrage vert dont la première phase prévoit le boisement de 400 000 hectares d’ici à 2026.


Mais le projet initial annoncé en 2021 concerne l’augmentation de un million d’hectares passant de 3.7 millions ha à 4.7 millions ha repartis sur 13 wilayas à savoir : Djelfa, Msila , Bouira, Medea , Batna, Khenchela, Tebessa, Naama, El Bayadh et Laghaouet. Le tout est situé sur les hautes plaines de l’Atlas saharien. Ces wilayas steppiques s’étendent d’Est en Ouest sur une distance de 1500 km avec une largeur en moyenne de 20 kilomètres.


Le Barrage vert est un projet ambitieux de l’Algérie pour lutter contre la désertification en reboisant la steppe algérienne. Initié en 1970 par le président Houari Boumédiène, il visait à renouveler le patrimoine forestier algérien. Le projet a été relancé dans les années 2010 avec des plans pour sa réhabilitation et son extension.


Cependant, le communiqué de presse ainsi que les sites du ministère de l’agriculture et la direction générale des forets ne fournissent aucun détail sur ce projet colossal qui, pourtant, devrait présenter des bilans physiques, des perspectives variées et de multiples études agronomiques au sein des instituts nationaux spécialisés, compte tenu de son historique depuis 1972.


En outre, en raison de son importance géographique et de sa position sur la façade méditerranéenne face à l’Europe, le projet du barrage vert intéresse les pays européens pour plusieurs raisons. En effet, ces derniers pays commencent à recevoir de grandes quantités de sable et sont confrontés à la sécheresse et à la désertification.


Il est important de noter que la construction d’un barrage vert face au Sahara, le plus grand désert chaud du monde, qui s’étend sur une superficie de 8,600,000 km², n’est pas une tâche facile. Le financement d’un tel projet dépasse largement les capacités financières de l’Algérie. Cependant, lors des différentes Conférences des Parties sur le climat (COP) de l’ONU, l’Algérie n’a jamais plaidé cette cause ni demandé une aide financière. Il est donc grand temps que l’Algérie associe les pays européens à ce projet, tant sur le plan financier que sur l’expertise agronomique et forestière de ses élites.


Enfin, Le barrage vert est un projet stratégique pour l’Algérie, qui vise à protéger son environnement, sa biodiversité et sa sécurité alimentaire. Il représente également une opportunité de coopération régionale et internationale, notamment avec les pays européens, qui sont confrontés aux mêmes défis climatiques. Pour réussir ce projet, il faut mobiliser les ressources financières, techniques et humaines nécessaires, ainsi que renforcer la recherche scientifique et le suivi-évaluation.


Le barrage vert est plus qu’un simple projet forestier, c’est une vision d’avenir pour l’Algérie et pour le monde.


Yacine M

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