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Le détenu d’opinion Mourad Gharnaout devant le juge : " j'étais torturé jusqu'à l'évanouissement"

Le détenu d'opinion Mourad Gharnaout a réitéré hier, ses déclarations devant le juge : " j'étais torturé jusqu'à l'évanouissement".


Le tribunal de Boumerdes s'est distingué et il a imposé depuis longtemps le huis clos à tous les procès du Hirak. Et pourtant il est censé rendre justice au nom du peuple, indique le CNLD.


" M. Le juge, j'étais torturé", Mourad Gharnaout l'a répété encore une fois hier, le 05 juin 2023.


"Dans les locaux de BRI, ils m'ont fait boire de l'eau et du savon jusqu'à l'évanouissement", raconte-t-il en retenant difficilement ses larmes et ses douleurs.


" Ils ont dû, M. le juge, me transférer à l'hôpital pour reprendre mes esprits", ajoute Mourad, meurtri par ses blessures, alors que personne ne veut l'entendre.


" Vous savez, M.le procureur, pourquoi je me suis constitué bénévolement pour lui ?, car je l'ai entendu la dernière fois, lors de son procès en première instance, raconter ce qu'il avait subi", déclara son avocate.


" La pratique de la torture est un acte imprescriptible et c'est un crime contre l'humanité et il n'est pas circonscrit en matière de juridiction, par rapport au lieu de son déroulement, il est passible des poursuites dans n'importe quel pays du monde même s'il est commis en Algérie, à Boumerdes ", dira-t-elle avant de rappeler les conventions internationales en matière signées par l'Algérie.



Issu d'une famille très modeste de Chaabet El Ameur, le village martyr sur lequel s'abattent à chaque moment de l'histoire toutes les répressions et les haines indescriptibles, Mourad Gharnaout est l'aîné d'un petit frère et de six soeurs orphelins du père.


La maman est souvent malade. Personne parmi eux n'a pu accéder hier, comme la dernière fois, au tribunal.


Le petit frère s'est déplacé et il est resté dehors en guettant la moindre information venant de l'intérieur " de la forteresse" du tribunal " spécial" de Boumerdes, interdit depuis fort longtemps aux familles.


Le reste de la famille est resté à la maison accroché au téléphone scrutant les nouvelles venant du tribunal, hermétiquement fermé au public.


Toute la famille sait ce que a vécu son fils et les affres subies. Et sans écouter le témoignage de Mourad, elle s'attendait au pire. Car elle était témoin d'un avant goût, une démonstration faite par les enquêteurs lors de la perquisition du domicile familial : la tombe du père au milieu du jardin n'a pas échappé à leurs mains criminels. " Qu'est ce que vous cachez ici ?", étaient interloqués les membres de la famille par les agents du BRI. Ils en garde le traumatisme.


À l’issue du procès qui s’est tenu le 23 janvier 2023 devant le tribunal criminel de première instance de Boumerdès, le détenu d'opinion Mourad Gharnaout, a été condamné à 5 ans de prison ferme.


Il est poursuivi sur la base de l'article 87 bis du code pénal.





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