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Plainte contre la grève: La direction du journal "El Watan" déboutée

  • cfda47
  • 26 janv. 2023
  • 3 min de lecture

En grève depuis plus de Quatre mois, les journalistes du quotidien francophone, El Watan, entament leur Douzième mois sans salaire. Privé de manne publicitaire, le prestigieux quotidien francophone El Watan, apparu en Algérie en 1990, se retrouve en grande difficulté.

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Une cinquantaine de journalistes du quotidien francophone El Watan, menacé de fermeture après 31 ans d'existence, ont dénoncé Septembre dernier une "violation du droit de grève" de la part des dirigeants du journal.


Dans un post Fecebook, les journalistes indiquent, aujourd’hui, que la plainte déposée contre les grévistes par la direction du journal "El Watan" a été déboutée.


Dans un article publié le 12 juillet 2022 en Une du journal, le conseil d'administration d'El Watan avait tiré la sonnette d'alarme sur la situation financière du titre fondé par un collectif de journalistes. "Pour les 150 employés, la situation sociale est devenue critique et a dépassé le seuil de tolérance, d’autant que les horizons sont bouchés pour espérer une issue à l’étranglement financier que subit l'entreprise", a-t-il prévenu.


"Nous, journalistes-salariés d'El-Watan, sommes scandalisés par le comportement irresponsable de la direction qui a tenu à faire paraître le journal en dépit du fait que le personnel ait décidé de reprendre son mouvement de grève", Indiquait à l’époque le collectif dans une pétition. "L'édition de samedi a été confectionnée par les actionnaires du journal qui ont brisé la grève", poursuivait le collectif.


"La direction, plutôt que de se montrer réceptive aux revendications des salariés, a préféré le langage de la défiance et de la violence comme moyen de dépassement de la crise", avait dénoncé le collectif dans la pétition publiée. Les journalistes "se réservent le droit de saisir la justice pour garantir leurs intérêts", avait-t-il ajouté.




Le conseil d'administration avait également critiqué la décision de l’administration fiscale et du Crédit Populaire d'Algérie (CPA) "de geler les comptes de la société malgré les tentatives continues pour trouver une solution au problème", non sans préciser que "les nombreux appels en direction des pouvoirs publics sont restés vains".


En crise financière depuis plus d'un an, le quotidien francophone El Watan, l'un des premiers journaux privés créés en Algérie, était l'une des plus importantes voix critiques du pouvoir dans le pays. Il s’était illustré par sa liberté de ton et sa critique du pouvoir.



Fragilisés financièrement, les 150 employés d'El Watan, sans salaires depuis plusieurs mois, ont entamé en 2022, une grève de deux ou trois jours chaque semaine. Ils réclamaient le paiement de leurs salaires mais luttaient aussi pour la survie du quotidien.


Ses rentrées financières se sont sensiblement réduites depuis que l'Agence nationale d'édition et de publicité (Anep), le distributeur de la publicité d'État, a rompu unilatéralement son contrat, sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. Au même moment, le journal avait décidé de ne pas soutenir un quatrième mandat du président.



Les autorités avaient alors fait pression sur les entreprises publiques et privées – algériennes ou étrangères – pour qu’elles n'achètent pas d'espaces publicitaires dans les pages du quotidien francophone en raison de sa ligne éditoriale "indépendante". Au point de se diriger, petit à petit, vers une fermeture d'El Watan.


Face à une telle perspective, les salariés du quotidien ont décidé d’une grève cyclique de deux jours, les 13 et 14 juillet 2022, afin de protester contre "le non-paiement des salaires" depuis plusieurs mois.


Cités par les médias algériens, les actionnaires du journal justifiaient la situation par le fait que tous les comptes de l'entreprise étaient bloqués à cause d'un litige avec l'administration fiscale et la banque. En effet, ces derniers lui réclamaient le paiement des arriérés de la dette fiscale remontant à la période de la pandémie, lorsque le pouvoir avait permis aux entreprises de différer le paiement de leurs impôts.



L'Etat est le plus gros annonceur en Algérie, où les publications des administrations et entreprises publiques sont confiées par la loi exclusivement à l'Agence nationale d'édition et de publicité (ANEP). L'ANEP est décriée pour son rôle d'"instrument politique" qui choisirait les supports non pas en fonction de leur audience mais de leur ligne éditoriale.

Après avoir connu l'euphorie lors de l'ouverture du paysage médiatique au secteur privé à la fin des années 1980, l'Algérie a vu disparaître ces vingt dernières années des titres comme Le Matin d’Algérie, La Tribune, la Nation et tout récemment le quotidien Liberté, notamment par manque de revenus publicitaires ou en raison d'une chute de leurs ventes


 
 
 

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