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Propagande Jihadiste: Saber Lahmar, ex-prisonnier à Guantanamo, face à la justice française


Mercredi et jeudi derniers, s'est tenu à Paris le procès en appel de Saber Lahmar, ancien prisonnier algérien de Guantanamo qui s’est installé en France, reconnu coupable de propagande jihadiste en juin 2022.


Il avait été détenu six ans à Guantanamo, soupçonné par les Américains d’avoir fomenté un attentat contre leur ambassade en Bosnie-Herzégovine, avant d’être innocenté en 2008 puis accueilli par la France, un an après, durant le quinquennat de l'ex président Nicolas Sarkozy.


Saber Lahmar s'est installé en Gironde, jouant le rôle de prédicateur dans différents établissements, notamment dans une salle de prière illégale à Bordeaux. Et puis, avait « officié » dans la mosquée de Saint-André-de-Cubzac, pour la prière du vendredi.


Grâce à des témoignages et des enregistrements, des prêches et propos justifiant le départ en Syrie et en Irak avaient été retenus par la justice. Des conversations qu’il avait aussi tenues avec des individus partis dans ces zones et où il ne remettait pas en cause leur choix avaient également été pointées du doigt lors du premier procès.


L’Algérien a donc été jugé en appel, mercredi et jeudi à Paris, pour des prêches prononcés en Gironde et considérés lors d’un premier procès comme de la propagande jihadiste.



En juin dernier, la justice l’avait alors condamné à dix ans de prison. Une période de sûreté des deux tiers et une interdiction définitive du territoire français avaient également été prononcées, avant son appel.


Ce ressortissant algérien est accusé d'avoir sollicité et encouragé des individus à aller faire le « djihad » en Syrie et en Irak.


La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée en matière de terrorisme, a considéré que cet homme né en 1969 avait, via des prêches et des conversations, « joué un rôle actif » dans plusieurs départs aux conséquences importantes, puisqu'un homme est présumé mort depuis fin 2015. En l’occurrence, Othman Yekhlef, présumé mort sur place en 2015, qui serait une conséquence des paroles de cet islamiste algérien, de même que celui d’un couple et de ses cinq enfants. Le père de famille, Salim Machou, a été condamné à mort par la justice irakienne pour son appartenance à Daesh et les enfants sont retenus depuis 2017 dans un camp du Kurdistan syrien, avait détaillé le procès.



Saber Lahmar avait nié ces accusations et ses avocats avaient estimé que s’il possédait bien « une aura de par sa culture islamique », « il n’avait objectivement aucun pouvoir » pour faciliter le départ de ces personnes vers la zone irako-syrienne.



Né en Algérie, Saber Lahmar fait une licence en sciences islamiques et, selon la justice, devient membre du Groupe islamique armé (GIA).



Il part ensuite quelques années terminer ses études à Médine, en Arabie saoudite, avant d'apparaître en Bosnie-Herzégovine entre 1996 et 2001, où il travaille notamment dans une grande mosquée de Sarajevo considérée comme un lieu de rassemblement d'islamistes radicaux.



Les Bosniens le livrent aux Américains début 2002 avec cinq autres Algériens, soupçonnés d'avoir fomenté un attentat contre l'ambassade des Etats-Unis.


Il est transféré dans la prison militaire de Guantanamo, sur l'île de Cuba, où il est détenu jusqu'en 2008 et subit des tortures, avant d'être innocenté par la justice américaine et d'être accueilli en France fin 2009.







La Rédaction



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