Quatre ans de détention pour un enseignant syndicaliste : Mohamed Baghdadi enfin libre
- 30 juin
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Arrêté en 2022 sur son lieu de travail, condamné lourdement sur la base d’accusations contestées, puis maintenu en détention malgré la cassation de sa peine, Mohamed Baghdadi sort aujourd’hui de prison dans un silence officiel qui en dit long sur la gestion des dossiers politiques en Algérie. Sa libération, annoncée uniquement par ses proches, rappelle à quel point certaines affaires se règlent loin des tribunaux et encore plus loin des médias.
Mohamed Baghdadi, enseignant de français au lycée de Chabet El Ameur et militant syndical au sein du Cnapeste de Boumerdes, a retrouvé la liberté après quatre années de détention. Arrêté le 30 juin 2022 sur son lieu de travail, il avait été poursuivi pour « appartenance à une organisation terroriste », une accusation régulièrement utilisée contre des militants, et dont l’usage est dénoncé par plusieurs collectifs de défense des droits humains.
Son arrestation avait suscité une vive émotion dans la communauté éducative de Boumerdes. Les syndicats avaient dénoncé une procédure opaque, marquée par une perquisition au domicile de l’enseignant et la saisie de son matériel personnel. Baghdadi avait été placé sous mandat de dépôt le 7 juillet 2022, avant d’être transféré à la prison de Tidjelabine.
Condamné une première fois à trois ans de prison ferme, il avait vu sa peine alourdie à cinq ans en appel. En mai 2024, la Cour suprême avait cassé les décisions précédentes et renvoyé l’affaire devant une nouvelle juridiction, ouvrant la voie à une révision du dossier. Depuis, aucune communication officielle n’avait été faite sur l’évolution de la procédure.
Sa libération, annoncée par ses proches, marque un tournant dans une affaire qui symbolise les tensions persistantes entre l’État et les mouvements syndicaux autonomes. Pour ses soutiens, elle représente l’aboutissement d’un combat mené dans la discrétion, loin des projecteurs médiatiques.
À Chabet El Ameur, la nouvelle a été accueillie avec soulagement. Ses collègues espèrent désormais son retour au lycée, tandis que les militants syndicaux voient dans cette libération un signal, même timide, en faveur d’un apaisement.
Yacine M



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