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Raid policier dans une librairie: KOUKOU Éditions dénonce un « statut particulier » répressif en Kabylie

Un incident survenu le 29 juin 2024 à Bgayet (Béjaïa) a suscité l'indignation de la maison d'édition KOUKOU, mettant en lumière ce qu'elle considère comme une répression disproportionnée et discriminatoire en Kabylie.

 

Selon un communiqué publié par Arezki Ait-Larabi, directeur de KOUKOU Éditions, les forces de l'ordre ont fait irruption dans la librairie Gouraya, interrompant la présentation du livre « La Kabylie en partage » de Dominique Martre. L'auteure, son mari, l'éditeur, le libraire et les personnes présentes ont été arrêtés et placés en garde à vue pendant plusieurs heures.

 

Le communiqué souligne l'apparente incohérence de cette intervention, notant que « deux jours auparavant, le même livre a été présenté, sans problème, dans une librairie d'Alger-centre ». Cette disparité de traitement alimente les inquiétudes quant à un traitement différencié de la Kabylie.

 

KOUKOU Éditions dénonce ce qu'il qualifie de « statut particulier » de la Kabylie en matière de répression. Le communiqué affirme que « la Kabylie est soumise à un impitoyable 'statut particulier' dans la répression », citant des « violations récurrentes des droits de l'Homme » et « l'interdiction des cafés littéraires et des salons du livre ».

 

L'éditeur va plus loin en accusant les autorités de tenter de « domestiquer les esprits par la terreur » et de chercher à « soumettre ainsi les velléités d'émancipation citoyenne au contrôle policier ».

 

Dans un contexte de tensions persistantes et à l'approche des célébrations de l'indépendance, KOUKOU Éditions appelle à la vigilance, qualifiant ces actions de « impardonnable crime contre la nation ». L'éditeur exhorte à la solidarité avec les « détenus d'opinion et leurs familles », soulignant l'urgence d'une prise de conscience collective face à ce qu'il perçoit comme une menace croissante pour les libertés en Kabylie et, par extension, dans l'ensemble du pays.


Ce n’est pas la première intimidation subie par la maison d’édition KOUKOU. En 2022, douze livres sur des sujets politiques ont été censurés.


La maison d’édition est spécialisée dans l’essai politique, le témoignage historique et le document d’actualité. Elle avait déjà été exclue du Salon International du livre d’Alger (SILA) fin 2023 pour « dépassements constatés dans les publications contraires au règlement du Sila. »


Sophie K.

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