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Selon l'ONU: "Tout le monde a faim à Gaza actuellement"


L'agence de secours des Nations Unies pour les Palestiniens, l'UNRWA, et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, le PAM, ont mis notamment en exergue la menace de famine et de maladies dans les zones densément bâties, où des dizaines de milliers de personnes ont fui les intenses campagnes de bombardements dans le nord et dans le centre de l'enclave palestinienne.


Des agences humanitaires de l'ONU ont réitéré mardi leurs vives inquiétudes pour les civils à Gaza, alors que des informations font état de bombardements israéliens continus sur les villes de Deir al Balah, Khan Younis et Rafah, dans le sud de l'enclave, ainsi que d'affrontements directs sur le terrain et de tirs de roquettes pendant la nuit sur Israël par les groupes armés palestiniens.


« Tout le monde à Gaza a faim ! Sauter des repas est la norme, et chaque jour est une recherche désespérée de moyens de subsistance », a affirmé mardi le PAM dans un message publié sur X (anciennement Twitter). « Les gens passent souvent toute la journée et toute la nuit sans manger. Les adultes ont faim pour que les enfants puissent manger ».


Selon l'UNRWA, plus d'un million de personnes cherchent désormais refuge dans la ville de Rafah, déjà surpeuplée, dans le sud du pays, et des centaines de milliers d'entre elles dorment en plein air, avec des vêtements ou des matériaux inappropriés pour se protéger du froid.

Les enfants sous-alimentés sont particulièrement exposés, tandis que « la moitié de la population de Gaza meurt de faim », ont averti les agences humanitaires de l’ONU, en s'appuyant sur les dernières évaluations en matière d’insécurité alimentaire.


Les infections se propagent

Faisant écho à ces préoccupations, l’agence de santé des Nations Unies, l’OMS, a mis en garde contre un « risque imminent » d’épidémies de maladies transmissibles.


Depuis la mi-octobre, il y a eu 179.000 cas d'infections respiratoires aiguës, 136.400 cas de diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans, 55.400 cas de gale et de poux et 4.600 cas de jaunisse, selon un rapport.


Depuis les attaques sanglantes menées par le Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre, qui ont fait quelque 1.200 morts et 240 personnes prises en otages, des affrontements dans la bande de Gaza et des frappes aériennes, terrestres et maritimes menées par l'armée israélienne ont revendiqué le la vie de plus de 22.000 personnes, principalement des femmes et des enfants, selon les autorités sanitaires locales.


Les chiffres de l'armée israélienne au 30 décembre indiquent que 168 soldats israéliens ont été tués depuis le début de l'opération terrestre à Gaza et 955 blessés.


Le ministère de la Santé de Gaza aurait également déclaré que plus de 200 Palestiniens avaient été tués depuis lundi, et 338 blessés.


Des milliers de personnes disparues

Environ 7.000 autres personnes ont également été portées disparues ou ensevelies sous les décombres, a indiqué l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans sa dernière mise à jour d'urgence.


Le rapport note également que 600 personnes ont été tuées dans près de 300 attaques contre des établissements de santé depuis le 7 octobre, qui ont endommagé 26 hôpitaux et 38 ambulances.


Sur les 1,93 million de déplacés à Gaza, quelque 52.000 femmes enceintes donnent naissance à environ 180 bébés chaque jour, selon le bilan de l'OMS. Il précise également que 1.100 patients ont besoin d'une dialyse rénale, 71.000 souffrent de diabète et 225.000 ont besoin d'un traitement pour l'hypertension artérielle.



© WHO Des Palestiniens déplacés attendent de la nourriture au camp d'Al-Shaboura, à Rafah, dans la bande de Gaza


L'agence de coordination de l'aide des Nations Unies, l'OCHA, a noté de son côté que les autorités sanitaires de Gaza avaient réussi à redémarrer certains services hospitaliers dans le nord de Gaza. Il s'agit notamment de l'hôpital arabe Al Ahli, de l'hôpital caritatif Patients Friends, de l'hôpital international Al Helou, de l'hôpital Al Awda et d'un certain nombre d'autres centres de soins primaires.


« Cela s'est produit dans un contexte de grands risques entourant les déplacements et le travail des équipes médicales en raison des bombardements continus sur les quartiers résidentiels et à proximité des établissements de santé », a déclaré l'OCHA. 


En outre, le ministère de la Santé de Gaza, l'UNRWA et l'OMS coordonnent un plan de réactivation des centres de santé pour répondre aux besoins des personnes déplacées dans tous les lieux de déplacement.


Crise en Cisjordanie

En outre, l'OCHA a signalé le premier cas de démolition de propriétés palestiniennes en Cisjordanie en 2024, à al-Maniya à Bethléem.


Quelque 300 Palestiniens – dont 79 enfants – ont été tués en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre, dans un contexte d'attaques croissantes des forces de sécurité israéliennes et des colons, confirmées et condamnées par le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk.


Avant les attaques du 7 octobre menées par le Hamas, 200 Palestiniens avaient déjà été tués en Cisjordanie l'année dernière – le nombre le plus élevé sur une période de 10 mois depuis que l'ONU a commencé à tenir des registres en 2005.


Selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme couvrant la période du 7 octobre au 20 novembre, la période a été marquée par « une forte augmentation des frappes aériennes ainsi que des incursions de véhicules blindés de transport de troupes et de bulldozers envoyés dans des camps de réfugiés et d'autres zones densément peuplées de Cisjordanie, entraînant des morts, des blessés et d'importants dégâts aux biens civils et aux infrastructures ».


L’année dernière, les autorités israéliennes ont supervisé la démolition de 1.119 structures – un record depuis le début de la collecte de données en 2009 – déracinant 2.210 personnes, selon l'OCHA, dans sa première mise à jour de 2024.


« La menace de destruction des habitations et des moyens de subsistance contribue à la création d'un environnement coercitif qui pousse les gens à quitter leur zone de résidence », a déclaré la branche humanitaire de l'ONU sur son site Internet.


La rédaction/L'ONU

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