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Témoignages sur la torture en Algérie: Elles/Ils brisent le silence

La torture nie la dignité de l’être humain
La torture nie la dignité de l’être humain

La torture nie la dignité de l’être humain. Ses victimes souffrent de blessures visibles et invisibles. Et c'est, aujourd’hui encore, la terrifiante réalité.


La torture est un crime en vertu du droit international et fait l’objet d’une interdiction absolue qui ne peut être justifiée en aucune circonstance. Cette interdiction fait partie du droit international et s'applique à tous les membres de la communauté internationale, que l'État ait ou non ratifié les traités internationaux dans lesquels la torture est expressément interdite. La pratique systématique ou généralisée de la torture constitue un crime contre l'humanité.



La torture, cet acte abjecte et dégradant touchant à la dignité humaine a été pratiquée de manière courante par ceux qui avaient décidé en Algérie, dès le 3 juillet 1962, de confisquer l'indépendance d'un pays et les libertés d'un peuple né libre. Depuis, les techniques se sont développées et les lieux se sont étendus.


Les opposants politiques des années 70 connaîtront le centre de torture de Bouzaréah et ses labyrinthes truffés de miroirs.


Des centaines de jeunes algériens, des adolescents dans la majeure partie des cas, victimes du drame du 5 octobre 1988, connaîtront quant à eux la caserne de parachutistes de Sidi Fredj où des officiers supérieurs et un wali (préfet) supervisaient les supplices.


A partir du 11 janvier 1992, les algériens connaîtront à une très grande échelle cette odieuse pratique dans pratiquement tous les lieux de détention. Certains y laisseront la vie, beaucoup garderont des séquelles physiques et psychologiques indélébiles. Personne n'y échappera, ni même l'enfant, la femme ou le vieillard.


Cette pratique institutionnalisée par le régime et exécutée par des tortionnaires psychopathes avait plusieurs buts : extorquer des aveux, punir et terroriser.


Walid Nekkiche, jeune étudiant arrêté lors des marches pacifiques des étudiants Algériens dans le cadre du Hirak, brise le mur de l’omerta et déclare avoir été torturé et abusé.




Sofiane, était l'une des victimes de la torture pendant les années 90, il a accepté de nous accorder cette interview pleine d'émotion afin que cette pratique cesse définitivement en ALGERIE.




Abdellah, témoigne à son tour, avec courage, pour que d'autres algériens ne subissent pas cet acte dégradant, qui est la torture.





Depuis Oran, Mme Mimouma témoigne des séances de tortures qu'elle a subi au célèbre centre "Magenta"!



Le 26 juin, journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, est l'occasion de faire appel à toutes les parties prenantes, y compris les États Membres de l'ONU, la société civile et les individus à travers le monde pour s'unir et soutenir les centaines de milliers de personnes qui ont été (ou sont encore) victimes de torture.


Pourquoi le 26 juin ?


Le 26 juin marque le jour où, en 1987, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants est entrée en vigueur. Aujourd'hui, 173 États sont parties à la convention.


En 1948, la communauté internationale condamnait la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans la Déclaration universelle des droits de l’homme qui a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies. En 1975, répondant à une action vigoureuse de la part d’organisations non gouvernementales (ONG), l’Assemblée générale a adopté la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.


Au cours des années 80 et 90, des progrès ont été accomplis aussi bien dans l’élaboration de normes et d’instruments juridiques que dans la mise en œuvre de l’interdiction de la torture.

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a été quant à elle adoptée par l’Assemblée générale en 1984 et est entrée en vigueur en 1987. Son application par les États parties est surveillée par un organe d’experts indépendants, le Comité contre la torture.


Le premier Rapporteur spécial sur la torture, qui était un expert indépendant chargé de faire rapport sur la situation de la torture dans le monde, a été nommé par la Commission des droits de l’homme en 1985.


L’Organisation des Nations Unies a maintes fois reconnu le rôle important joué par les ONG dans la lutte contre la torture. En plus de leurs campagnes pour l’élaboration d’instruments des Nations Unies et la mise en place de mécanismes de surveillance, elles apportent une précieuse contribution à l’application desdits instruments. Différents experts, notamment le Rapporteur spécial sur la torture et le Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes et des organes conventionnels tels que le Comité contre la torture travaillent en étroite collaboration avec des ONG et des particuliers.


En 2002, le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture a été adopté. Ce traité vise à empêcher la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants en permettant la mise en place d'un système international d'inspection des lieux de détention.


Le protocole oblige également les États à mettre en place des mécanismes nationaux de prévention indépendants chargés d'examiner le traitement des personnes en détention, de formuler des recommandations aux autorités gouvernementales afin de renforcer la protection contre la torture et de formuler des observations sur la législation existante ou en projet. Il est administré par le Sous-comité pour la prévention de la torture.


À ce jour, 91 États sont parties au protocole


Les Nations Unies ont souligné à de nombreuses reprises le rôle important des ONG dans la lutte contre la torture. Les ONG ont non seulement plaidé en faveur de la mise en place des instruments et mécanismes de surveillance des Nations Unies, mais elles ont également apporté une contribution précieuse à leur mise en œuvre. Les experts, en particulier le Rapporteur spécial sur la torture et la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes et les filles, ainsi que divers organes de surveillance des traités, tels que le Comité contre la torture, s'appuient souvent sur les informations qui leur sont fournies par les ONG et les particuliers.


Le haut représentant de l’UE, Josep Borrell, fait la déclaration suivante: « À l’heure où le monde unit ses efforts pour surmonter la pandémie de coronavirus, les droits de l’homme doivent rester au centre de notre combat. En ce jour, nous faisons entendre les voix des centaines de milliers de personnes qui ont été victimes de torture ou qui le sont encore aujourd’hui.»


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Lila Mokri


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