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Tebboune contre-attaque : visas, drame de Mohammadia, Tunisie — un président en mode offensif

  • 27 juil.
  • 3 min de lecture

Le chef de l'État reprend la parole ce lundi soir, dans son entretien périodique avec des médias nationaux. Des extraits diffusés en journée par la Présidence donnent le ton. Sur les visas, sur le drame de Mohammadia, sur la Tunisie, Abdelmadjid Tebboune n'a pas choisi la langue de bois.


Cinq jours après le recadrage public d'un ambassadeur par son propre président, Alger répond. Dans un extrait promotionnel publié ce lundi 27 juillet sur la page officielle de la présidence de la République, avant la diffusion de l'entretien prévue en soirée, Abdelmadjid Tebboune balaie la polémique née des déclarations de Stéphane Romatet. « Je n'ai jamais demandé de quota de visas et je n'ai jamais, absolument jamais, évoqué le dossier des visas avec le président français », affirme le chef de l'État.


L'ambassadeur de France en Algérie avait évoqué, dans un entretien accordé au site Tout sur l'Algérie, la perspective d'un retour progressif au niveau d'avant-crise, soit environ 250 000 visas délivrés chaque année aux Algériens. Il n'en fallait pas davantage pour faire sortir la droite et l'extrême droite françaises de leurs gonds. Bruno Retailleau, Jordan Bardella, tirs groupés. Emmanuel Macron lui-même s'est empressé, en Conseil des ministres, de corriger son amabassadeur, assurant qu'il n'existait « aucun objectif chiffré » ni « aucun laxisme » en matière de visas.


La réplique de Tebboune referme le dossier à sa manière. « L'Algérie n'a demandé ni excuses ni indemnisation, car l'Algérie ne mendie pas », tranche-t-il dans le même extrait. Une phrase calibrée pour l'opinion, qui renvoie dos à dos la surenchère parisienne et les procès en complaisance instruits contre Alger.


Le chef de l'État revient aussi sur l'incendie de l'établissement de l'enfance assistée de Mohammadia, dans la banlieue est d'Alger. Dix enfants et leur éducatrice de 52 ans y ont péri à l'aube du 16 juillet, un drame qui a bouleversé le pays et nourri, sur les réseaux sociaux, une colère tenace contre les défaillances de l'État dans la protection des plus vulnérables. L'enquête de la Sûreté nationale a mis en cause l'étincelle électrique d'un climatiseur en surchauffe, en pleine canicule.


Tebboune promet des comptes. « J'ai demandé aux services de sécurité de mener une enquête approfondie, à l'issue de laquelle chaque responsable sera jugé, du portier au plus haut responsable », déclare-t-il. 


Sur le front social, le président annonce une réévaluation du salaire national minimum garanti (SNMG) ainsi que des pensions de retraite. Le dossier traîne. Le principe d'une revalorisation du SNMG avait été acté en Conseil des ministres dès novembre 2025, sans que le dispositif ne soit finalisé depuis. Quant aux retraités, ils attendent toujours la concrétisation des propositions de hausse évoquées à plusieurs reprises, l'augmentation de 10 % à 15 % promise pour 2025 n'ayant jamais été appliquée. L'entretien de ce soir devrait préciser le calendrier et l'ampleur de la nouvelle réévaluation.


Un mot, enfin, sur la Tunisie, avec une sortie dont le président a le secret. « Celui qui amène le terrorisme en Tunisie, ou aux abords de la Tunisie, nous raserons la tente de ses parents », lance-t-il, recourant à une expression dialectale (« nekhloulou khimet waldih ») qui promet la ruine à quiconque s'y risquerait. Un avertissement sans destinataire nommé, à l'adresse de tous ceux qui seraient tentés de déstabiliser le voisin de l'Est. L'intégralité de l'entretien est diffusée ce lundi soirsur les chaînes nationales.



Khaled ROUABAH

 
 
 

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