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Tunisie: Des migrants placés en détention après une plainte auprès de l'ONU

Un groupe de 33 migrants, dont 7 enfants, majoritairement soudanais, a été emprisonné en Tunisie après avoir déposé une plainte auprès du Comité des Nations Unies pour les droits de l'Homme.

 

Cette démarche inhabituelle est intervenue suite à leur expulsion vers l'Algérie, lorsque les autorités tunisiennes ont démantelé leur campement installé devant les locaux du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) à Tunis, début mai.

 

Enregistrés comme demandeurs d'asile par le HCR, ces exilés vivaient depuis plusieurs mois dans ce campement de fortune. Lors de l'évacuation du 2 au 3 mai, des centaines de personnes ont été expulsées, certaines déportées à la frontière algérienne dans le désert. C'est le cas de ce groupe soudanais, abandonné par la police à 5 km de la frontière après une panne d'essence, selon David Yambio de Refugees in Libya. 

 

“Ils ont été laissés au milieu de nulle part, exposés aux dangers et aux attaques racistes très élevées en Tunisie actuellement”, dénonce Lucia Gennari, avocate à l'ASGI, un réseau juridique sur l'immigration. Empêchés de regagner Tunis, ils ont déposé le 6 mai une plainte auprès du Comité de l'ONU, contestant leur transfert forcé vers des zones reculées, sans accès à l'eau, la nourriture et les soins.

 

Cinq jours plus tard, le 11 mai, les autorités tunisiennes ont arrêté et emprisonné le groupe à Tébourba, à l'exception d'une femme et ses enfants rapidement libérés. Bien que les motivations exactes de cette arrestation restent inconnues, “les arrestations de migrants sont malheureusement très fréquentes en Tunisie”, regrette Lucia Gennari.

 

Si la plainte devant le Comité de l'ONU n'entraîne pas nécessairement de condamnations, elle vise aussi à dénoncer symboliquement le soutien européen à la Tunisie dans la gestion migratoire, comme ce fut le cas avec la Libye par le passé, selon l'avocate.



La Rédaction/ Agences

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