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Un écrivain jugé pour une préface signée de l’opposant Ferhat Mehenni

L’écrivain et artiste Ali Belhot a comparu le 30 novembre devant le tribunal de Draa El Mizan, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. En cause : la préface du premier tome de son roman « Ajeǧǧig n ugudu », signée par Ferhat Mehenni, dont le nom figure sur la liste nationale des personnes et entités considérées de « terroriste » par les autorités algériennes.


Arrêté en mai 2023, soit quelques jours après avoir présenté son œuvre au Salon du livre de Boudjima, Ali Belhot voit son travail littéraire pris dans la tourmente judiciaire.


Son roman, écrit en tamazight, la langue berbère, aborde divers pans de l’identité kabyle. Mais dans le viseur de la justice : la préface élogieuse de Ferhat Mehenni, figure tutélaire du combat pour l’autonomie de la Kabylie, aujourd’hui en exil en France. 


Qualifié de « terroriste », Ferhat Mehenni est l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par l’Algérie après les émeutes du Printemps noir en 2001. Son soutien à l’œuvre de Ali Belhot, via cette préface, suffit aux autorités pour accuser l’auteur d’« apologie au discours de haine .» L’écrivain se voit aussi reprocher « la diffusion de publications nuisibles à l’intérêt national », crime passible de 3 à 5 ans de prison selon le code pénal algérien.


L’issue du verdict, le 13 décembre, sera très attendu par la diaspora amazighe et au-delà, comme un test de la liberté d’expression en Algérie. Car pour ses défenseurs, Ali Belhot ne fait qu’user de son droit à écrire dans sa langue maternelle, sans autre dessein politique.


Sophie K.

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