top of page

Un père de famille belge, détenu en Algérie dans une affaire de fausse monnaie


Photo de famille publiée par sa compagne

44 jours que ce citoyen à la double nationalité belge et algérienne a été privé de la liberté et qu’il est détenu dans un dispensaire à Chlef ( l’ouest de l'Algerie).



Détenu depuis 44 jours en Algérie, Mohamed Hamani (49 ans), se retrouve dans un dispensaire pour des raisons de santé. Sa compagne, Virginie Perrin remue ciel et terre pour le faire libérer.


Les faits remontent au 23 février dernier, lorsque Mohamed, sa compagne et son fils embarquent depuis l’aéroport de Charleroi (Belgique), destination Alger. Mohamed voulait faire connaitre son pays d’origine à sa famille. Il avait même le projet d’y acheter une petite maison de vacances.


Avant leur départ, le 3 février 2023, le couple se rend dans un bureau de change à proximité de la Grande-Place de Bruxelles. Ils y retirent pour 1500 euros en dinars algériens. "Les billets sont sortis de la machine. Ils étaient neufs" se souvient Virginie Perrin. L’opération a été effectuée depuis leurs comptes bancaires respectifs en Belgique. De manière officielle et en toute légalité. Comme l’attestent les bordereaux de change et les extraits de compte de l’opération.


Peu avant de rentrer en Belgique, Mohamed Hamani se rend dans une banque à Chlef pour effectuer des démarches administratives.


"J’étais avec mon fils dans la voiture en train d’attendre, lorsqu’il m’a dit qu’il y avait un souci. Que certains billets étaient faux. Je sais désormais que c’est pour un montant total d’une cinquantaine d’euros", indique sa compagne.


La banque décide d’appeler la police. Mohamed est embarqué pour audition puis placé en garde à vue. Le lendemain, le 2 mars, c’est le jour du vol retour. C’est aussi ce jour-là que Mohamed Hamani comparait en audience. "Mon mari m’a demandé de préparer sa valise, au cas où". Ce sera son dernier contact téléphonique avec lui.


"Il a perdu plus de 15 kilos depuis le début de sa détention" explique sa compagne aux médias belges. "J’ai reçu quelques nouvelles de la part de l’avocate algérienne qui nous assiste sur place. La nourriture est infecte. On lui vole ses vêtements. Il a une prothèse au genou et ne peut plus poser la jambe. En plus, il a attrapé des champignons. Psychologiquement, il va très mal. Il est complètement démoralisé parce que la Belgique ne fait rien pour le tirer de là. Il se sent complètement abandonné".


Sa compagne et son fils retournent en Belgique, sans Mohamed.


Depuis lors, c’est le parcours du combattant, "Une procédure kafkaïenne" pour faire sortir Mohamed de prison et le faire rentrer en Belgique. Pour l’assister dans ses démarches, sa compagne choisit l’avocat Laurent Kennes.


Le 4 mars, elle dépose plainte pour escroquerie à la zone de police de Bruxelles-Capitale contre le bureau de change d’où proviennent les supposés faux billets. Une semaine plus tard, suite à une apostille du parquet de Bruxelles, un inspecteur bruxellois, attaché à la recherche locale section fraude, se rend dans ledit bureau de change.


Le gérant, qui n’était pas présent le jour des faits, confirme les deux transactions successives pour des dinars algériens. Il déclare que ces devises ont été achetées durant le confinement “à un prix avantageux à un jeune maghrébin probablement français” (sic) et que cette vente a été effectuée par un ex-employé étudiant (dont le policier n’a jamais obtenu l’identité).


Le gérant précise que “c’est la première fois en 30 ans qu’il a un problème avec un soupçon de fraude quant aux billets échangés”.


Depuis lors plus rien. Ou presque. Virginie a bien trouvé une avocate en Algérie à qui elle a transmis toute une série de documents. Composition de ménage, fiche de salaires, extraits de casier judiciaire. Tout est entrepris pour prouver leur bonne foi. “Elle fait tout son possible, mais le juge est récalcitrant. Il ne veut rien communiquer. On n’a même pas de documents attestant les raisons de son mandat d’arrêt et de sa détention", explique t-elle aux médias belges.


A l’incompréhension s’ajoute la colère face à l’inertie des autorités belges . "On n’a rien à se reprocher. Mon mari est détenu en Algérie parce qu’il a reçu des faux dinars à Bruxelles. Je suis scandalisée par l’absence de réaction ici en Belgique. Personne ne va rien faire et on va laisser mourir mon mari en prison ?".


Dans un courrier adressé au SPF Affaires étrangères Belges, l'avocat, Laurent Kennes n’hésite d’ailleurs pas à hausser le ton : "Le gouvernement de notre pays a pour mission, via le ministère des affaires étrangères, de protéger ses citoyens au-delà des frontières et de leur apporter la meilleure assistance possible. Vous comprendrez que le fait que Monsieur Hamani, né en Belgique, qui a toujours vécu ici, y a fondé une famille et ne connaît guère l’Algérie, est en droit d’attendre quelques démarches plus actives. Sa compagne est Belge, son fils est Belge. Madame la ministre est-elle informée personnellement de cette situation ? A-t-elle pris contact avec son homologue algérien pour lui dire la gravité de la situation ? D’autres contacts sont-ils pris pour dénoncer cette situation inacceptable et exiger qu’il soit pris soin de notre concitoyen ? Ou prenez-vous le risque qu’il sorte de cet enfer handicapé ou décédé ?".


Pour Laurent Kennes, une intervention de la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, s’impose désormais pour débloquer ce dossier de toute urgence. "On lui reproche de détenir des monnaies illégales. On lui reproche aussi d’avoir changé de l’argent en dehors de l’Algérie. Tout cela n’est pas très clair. Toute démarche utile et d'un peu plus de panache serait la bienvenue pour redonner un peu d’espoir à ma cliente qui n’en voit pas le bout".


Joint tard hier mercredi 12 avril, par un media belge, le SPF Affaires étrangères expliquait être au courant de la situation de Mohamed Hamani : "Des contacts ont été pris auprès des autorités locales. Nous suivons ce dossier de très près via notre ambassade à Alger" a indiqué son porte-parole.


La rédaction





69 vues

Commentaires


bottom of page