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Un programme scolaire sous influence : quand l’idéologie prime sur le savoir

  • 30 juil.
  • 2 min de lecture

Dans une note détaillée adressée au corps enseignant, le ministère de l’Education nationale a « déroulé » les nouvelles dispositions prises dans le cadre des réformes visant notamment à « alléger » les programmes dans le Secondaire et le baccalauréat.


La première remarque qui saute aux yeux est sans aucun doute cet autre coup de rabot donné à l’enseignement de la langue française. Ainsi, dès la rentrée scolaire 2027/2028, cette matière est systématiquement supprimée des programmes de la troisième année secondaire, donc la Terminale. En dehors des filières littéraires, le français est donc la première victime de ce « nouveau programme » présenté par Mohamed-Seghir Sadaoui. A cela s’ajoute la suppression de la philosophie pour les lycéens de Terminale pour quasiment toutes les filières non-littéraires. Cela n’est pas vraiment nouveau, mais beaucoup d’observateurs estiment que la non-inclusion de la philosophie dans les examens de baccalauréat peut avoir un impact négatif sur les élèves.


En revanche, la divulgation de ce programme dévoile en effet la face idéologique du ministre de l’Education : a contrario de la suppression de certaines matières « non essentielles », il maintient l'Éducation religieuse dans toutes les filières, y compris technologiques, avec, en prime, un coefficient toujours constant de 2. Cela signifie que les responsables actuels du secteur de l’Education nationale peuvent sacrifier toutes les matières, y compris les plus importantes pour la construction de la personnalité des adolescents, au détriment de l’éducation religieuse, qui reste, visiblement le fil conducteur de « la réforme » du système éducatif. Cette logique est poussée jusqu’à la suppression de la matière « langue arabe » des programmes de la 3èmeannée secondaire de la filière mathématiques, sans que cela ne touche l’éducation religieuse.


Cela confirme en effet les critiques de certains pédagogues et enseignants qui ont exprimé des craintes de voir le secteur de l'Education nationale virer vers une orientation basée sur l’idéologie au détriment de la science et du savoir. Le ministre de l’Education nationale a souvent expliqué cela par la nécessité de « sauvegarder une constante nationale », mais cette obsession à favoriser l’enseignement religieux peut créer des dysfonctionnements dans tout le système éducatif puisque les élèves sont davantage happés par les dogmes religieux que par les progrès scientifiques qui sont adéquation avec notre époque, surtout que l’éducation religieuse qui est dispensée en Algérie s’inspire de textes très anciens, souvent archaïques.


Essaïd Wakli

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