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Une saison estivale entre progrès visibles, limites persistantes et un potentiel touristique immense

  • 28 juin
  • 2 min de lecture

La saison estivale 2026 en Algérie révèle un pays qui avance, parfois timidement, mais qui avance.


La gratuité totale des plages, maintenue et largement médiatisée, reste l’un des acquis les plus populaires : 470 plages ouvertes, des opérations de démantèlement des squatteurs, des parasols gratuits dans certaines wilayas. Sur le terrain, l’application demeure inégale, mais l’idée d’un littoral accessible à tous s’impose comme un symbole fort dans un pays où la mer est un espace social essentiel. L’offre touristique, elle aussi, s’élargit : 901 hôtels sur le littoral, dont 39 nouveaux, 104 000 lits disponibles, des remises pour les familles et la gratuité pour les enfants. La sécurité est renforcée, avec plus de 3 000 nouveaux postes pour la Protection civile, un dispositif élargi contre les noyades et les incendies, et une présence accrue sur les plages et les sites touristiques.


Mais ces avancées ne masquent pas les limites persistantes. Les infrastructures restent le talon d’Achille du tourisme algérien : retards chroniques dans les projets de modernisation, sanitaires et parkings défaillants, éclairage insuffisant, accessibilité réduite pour les personnes à mobilité limitée, gestion des déchets encore problématique. La qualité hôtelière demeure inégale, avec des services parfois loin des standards internationaux et des tarifs jugés élevés par les familles. La communication officielle, souvent triomphaliste, met en avant les chiffres mais rarement les difficultés, créant un décalage entre les annonces et la réalité du terrain.


Pourtant, l’Algérie possède un potentiel touristique immense, probablement l’un des plus riches du Maghreb. Le plus grand pays d’Afrique concentre mer, montagne, désert, forêts, thermalisme, et un patrimoine culturel exceptionnel : la Casbah d’Alger, Timgad, Djemila, le Tassili, le Hoggar, les oasis millénaires, la diversité culturelle kabyle, chaouie, mozabite, touareg. Si elle investissait dans le tourisme avec la même intensité que la Tunisie ou le Maroc, l’Algérie pourrait devenir un acteur majeur du bassin méditerranéen. Ses voisins tirent 10 à 15 % de leur PIB du tourisme ; l’Algérie reste autour de 1 à 2 %.


Avec une stratégie cohérente, des infrastructures modernisées, une formation professionnelle solide, une politique de visas simplifiée et une promotion internationale ambitieuse, le pays pourrait créer des centaines de milliers d’emplois, attirer des millions de visiteurs et diversifier son économie au‑delà des hydrocarbures.


La saison estivale 2026 montre donc une Algérie à la croisée des chemins : des progrès visibles, des limites tenaces, et un potentiel colossal encore sous‑exploité. Le pays pourrait devenir un géant touristique, mais pour l’instant, il n’en est que l’ombre prometteuse.


Nadia B

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