Condamnation de Wafia Tidjani : une peine lourde qui interroge l’usage des lois antiterroristes
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Wafia Tidjani, militante écologiste et engagée dans l’action humanitaire, a été condamnée à cinq ans de prison ferme sur la seule base de ses échanges sur Facebook, une décision que plusieurs sources qualifient d’arbitraire et motivée par des considérations politiques.
La condamnation de Wafia Tidjani, prononcée dans le cadre d’une première affaire alors que d’autres poursuites restent en cours, s’inscrit dans un climat de répression accrue visant les militantes et militants engagés dans la solidarité, l’écologie citoyenne et la défense des droits humains en Algérie. Les accusations retenues — appartenance à un mouvement terroriste, complot contre la nation, collusion avec des chaînes étrangères, atteinte à l’unité nationale et incitation au séparatisme — reposent uniquement sur des échanges tenus sur Facebook, sans qu’aucun acte matériel ne soit évoqué.
Cette décision intervient après plusieurs années d’acharnement judiciaire. Déjà arrêtée en 2023 pour ce que des ONG qualifiaient de « délit de solidarité », Wafia Tidjani avait été placée sous contrôle judiciaire pour incitation à l’attroupement non armé, outrage à corps constitué et diffusion de fausses informations, des charges jugées infondées et motivées par des considérations politiques.
Depuis son arrestation en mars 2025, la militante est détenue à la prison de Tizi Ouzou. Plusieurs sources s’inquiètent de son état de santé : elle aurait été vue avec un bras plâtré, sans explication officielle, alimentant les interrogations sur ses conditions de détention.
L’ONG Riposte Internationale qualifie la peine de « disproportionnée » et dénonce une interprétation « dangereuse » du droit pénal, rappelant que l’Algérie est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l’article 19 garantit la liberté d’expression. Assimiler des publications en ligne à du terrorisme ou à un complot contre l’État constitue, selon l’ONG, une dérive inquiétante.
Pour ses soutiens, l’affaire Wafia Tidjani illustre une tendance plus large : la pénalisation de la parole critique, de l’écologie citoyenne et de la solidarité, dans un contexte où les poursuites contre les militants kabyles et les défenseurs des droits humains se multiplient. Certains médias libres évoquent même une répression systématique visant à étouffer toute expression identitaire ou humanitaire indépendante.
Un appel a été annoncé par sa défense. Les organisations de défense des droits humains réclament sa libération immédiate et l’abandon des charges liées à l’expression d’opinions en ligne, estimant que cette condamnation constitue une sanction politique plutôt qu’une décision de justice impartiale.
Yacine M



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