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Conseil de la diaspora : Quand l’Algérie applaudit ses talents partis réussir ailleurs

il y a 14 minutes
3 min de lecture

Ce dimanche 27 septembre, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Bedari, a réuni le conseil scientifique des Algériens de l’étranger. Dans cet aréopage de cerveaux en exil, on pouvait distinguer Belgacem Habba, le chercheur aux 200 brevets d’inventions et professeur à l’université de Stanford aux Etats-Unis, ou encore Elias Zerhouni, le médecin qui a régné des années durant sur le prestigieux institut national de Santé américain, et tant d’autres têtes bien faites qui, faute de place dans leur pays, font le beau temps d’autres nations. Des Etats-Unis à la Suisse, en passant par la France et le Royaume-Uni, ces hommes et femmes qui ont été formés le plus souvent en Algérie avant de prendre leur envol ailleurs, font étalage de leurs talents sous d’autres cieux.


Epiloguer sur les conditions et les raisons du départ de ces cerveaux à l’étranger n’est pas forcément le sujet du jour, tellement tout le monde connait la problématique. Et pour ne pas être injuste, il faut reconnaître que le problème de la fuite des cerveaux ne concerne pas que l’Algérie, mais touche la majorité des pays en voie de développement. Certains ont réussi à trouver des solutions pour, au moins, limiter le phénomène, tandis que d’autres, comme l’Algérie, préfèrent adopter la stratégie de l’autruche en plongeant leur tête dans du sable pour ne pas voir la réalité en face.


Ainsi, l’Algérie voit ses enfants briller ailleurs comme si de rien n’était. Certes, des rencontres et des campagnes visant à capter cette catégorie des émigrés algériens sont organisées régulièrement. Mais une fois les kermesses terminées, ces hommes et femmes qui font partie de la crème de l’élite algérienne reviennent à leurs pays d’accueil, déçus de voir que les dirigeants de leur nation d’origine ne les prennent même pas au sérieux. Car, une fois descendus des nuages des célébrations, ils sont confrontés à une triste réalité : ni les conditions de travail, ni l'environnement, ni encore moins les conditions salariales ne sont conformes aux promesses mielleuses des autorités. C’est ce que confirme, à titre d’exemple, le Professeur Elias Zerhouni.


Natif de Tlemcen en 1951, il a été diplômé de l’Université d’Alger avant d’aller suivre une spécialité aux Etats-Unis. De retour en Algérie à la fin de l’année 1978, il a vite déchanté : les responsables de l’époque lui ont expliqué que son diplôme américain n’était pas valable en Algérie. Son retour au pays de l’Oncle Sam lui a ouvert les portes du paradis : l’Institut nationale de santé des Etats-Unis, l’Académie des Sciences en France, celle du Canada, de Tunisie… Mais rien en Algérie où il revient pourtant régulièrement pour assister, encore et toujours, aux rencontres visant à « aider la diaspora » à « aider son pays ».


C’est une chimère. Une illusion de plus. « Si nous étions restés au pays, personne n'aurait entendu parler de nous parce que l’environnement, le système ne sont pas les mêmes qu’aux Etats-Unis », a résumé un jour Belgacem Habba. Autant dire que les rencontres, les organismes comme « le Conseil supérieur de la diaspora algérienne »… ne sont que des effets d’annonce sans lendemain. Sans véritable politique de maintien des compétences dans le pays, sans démocratisation réelle du pays, les tentatives de soudoyer les cerveaux algériens établis à l’étranger sont vouées à l’échec, les mêmes raisons produisant toujours les mêmes effets.



Essaïd Wakli

 
 
 

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