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Hausse des prix : le gouvernement cherche des coupables, pas des solutions

il y a 3 heures
2 min de lecture

« Celui qui vend la tomate à 200 DA n’est pas un patriote ». La phrase est de Said Sayoud, ministre de l’Intérieur qui, comme l’ensemble des membres du gouvernement, est agacé par une hausse générale des prix notamment ceux des produits frais. Mais au lieu de chercher à comprendre les raisons de cette flambée et de proposer les solutions susceptibles de la dépasser, il préfère jouer sur les sentiments en évoquant à chaque fois le patriotisme comme seul et dernier étendard de l’incompétence du gouvernement.


Il est vrai que depuis quelques semaines, les prix des produits frais, plus particulièrement agricoles et les viandes blanches, ont flambé. Et la situation n’est pas près de se régler puisque les hausses des prix sont continues et constantes. Et cela touche autant les légumes de saison (poivrons, tomates, haricots verts…) que les fruits, devenus inaccessibles pour la majorité des Algériens. Cela se passe alors que les autorités restent absentes et désarmées, laissant les commerçants et les consommateurs dans un face à face inédit et surtout dangereux. Les pauvres, eux, restent les oubliés de tous, des autorités qui n’ont pas de solution et des vendeurs dont seul l’intérêt compte.


Alors que la ministre chargée du Commerce intérieur, Amel Abdeltif, est restée muette et impuissante après avoir essayé à plusieurs reprises d’envoyer des contrôleurs de terrain qui, eux, n’ont d’autres armes que celles de « supplier » les commerçants de « veiller sur le pouvoir d’achat des citoyens », c’est l’omniprésent Said Sayoud, le fantasque ministre de l’intérieur et des Transports, qui se substitue à toutes les institutions du pays en s’en prenant aux commerçants, désignés comme seuls coupables de la situation. « L’Etat va s’occuper du problème », a-t-il promis. Qui va s’en occuper ? Comment ? Sayoud ne dit rien. Mais il sait que contrairement à ce qu’il avance, l’Etat n’a pas beaucoup de leviers. Ses marges de manœuvre sont limitées.


Si les conséquences de la hausse des prix sont connues de tous, les causes le sont moins. Mais il suffit de poser la question à n’importe quel intervenant du domaine ou un économiste avisé pour se rendre compte que cette situation a des raisons objectives : en plus de la sécheresse, les restrictions à l’importation, l’absence de pneumatiques et le monopole de certains grossistes et l’absence de centrales logistiques sont derrière la hausse des prix. Il y en a d’autres. Mais toutes sont rationnelles et aucune n’est liée à une explication métaphysique. Ce n’est pas lié non plus à une quelconque « ingérence » étrangère. Trouver des justifications de ce genre est une manière pour le pouvoir de fuir ses responsabilités. Se défausser sur les autres, sans assumer ses responsabilités est le propre des lâches. C’est cette attitude que les responsables du pays donnent au peuple : à défaut de trouver des solutions, ils trouvent des bouc-émissaires ! Cela ne dure pas longtemps, parce que celui qui ment un jour, ment toujours.



Essaïd Wakli


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