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Investissements étrangers en Algérie : le rapport américain pointe les freins d’une économie à fort potentiel

il y a 2 minutes
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Dans son Investment Climate Statement 2026, publié en septembre, le département d'État américain décrit une économie où dominent les entreprises d'État. L'accueil officiel réservé aux capitaux étrangers s'y heurte, écrit-il, à un climat des affaires difficile et à des politiques parfois contradictoires. Le rapport détaille les obstacles, du système bancaire aux transferts de fonds.  


Les hydrocarbures assurent historiquement environ 85 % des recettes d'exportation et près de 50 % des recettes de l'État, rappelle le rapport. La guerre en Ukraine a poussé les Européens vers le gaz algérien, mais la hausse de la consommation intérieure et le sous-investissement dans la production pourraient empêcher le pays d'accroître nettement ses exportations. Le gouvernement, décrit comme historiquement réticent à la dette, évite en général les financements étrangers. Il préfère attirer des investissements directs pour créer des emplois et remplacer des importations par une production locale.  


Ses priorités sont les hydrocarbures, l'agriculture, les technologies de l'information et de la communication, les mines et la santé. Le département d'État estime toutefois que la politique de substitution aux importations, de nature protectionniste, entraîne des restrictions et des retards à l'importation, des pénuries et des hausses de prix, sur fond d'incertitude réglementaire.  


Le secteur bancaire est public à environ 85 % en valeur d'actifs. Les banques publiques sont tenues d'acheter des titres du Trésor lorsque l'État en propose, ce qui leur laisse peu de liquidités pour d'autres placements, relève le rapport. Il précise que les investisseurs étrangers peuvent, et parfois doivent, obtenir un financement local pour leurs projets. Une directive de 2008 demandait aux entreprises publiques de ne travailler qu'avec les banques publiques. Elle a été abrogée, mais la pratique a continué.  


L'épargne algérienne se tourne de préférence vers les placements physiques, d'abord le cash. La plupart des transactions ne sont pas électroniques, et l'échéance fixée aux commerces pour s'équiper de terminaux de paiement, fin 2021, a été repoussée sans date. Des analystes que le rapport ne nomme pas estiment qu'entre un tiers et la moitié de la masse monétaire circule dans l'économie informelle. La Bourse d'Alger compte dix sociétés cotées, dont sept sur le marché principal, pour une activité de négociation relativement limitée. L'achat de tout produit d'investissement, obligation ou action, y est réservé aux résidents.  


Côté administratif, le rapport cite des procédures d'importation et de douane compliquées, une bureaucratie lourde et des lois qui changent souvent, ce qui accroît le risque commercial. Les projets initiaux restent soumis à l'aval de plusieurs ministères. Pour certains dossiers industriels de premier plan, comme l'assemblage automobile, des entreprises américaines évoquent une approbation informelle du Premier ministre. Le Centre national du registre du commerce promet une immatriculation sous quarante-huit heures, mais les informations complémentaires ne s'obtiennent qu'en personne auprès des différents bureaux. Le processus de décision peut être opaque, juge le département d'État, et aucune consultation publique n'est prévue sur les projets de textes.  


La règle du 51/49, supprimée en 2020 sauf pour les secteurs jugés stratégiques, a été rétablie en 2021 pour les sociétés qui importent des produits destinés à la revente. Elle entrave, selon le rapport, l'accès des PME étrangères, qui disposent rarement des moyens humains et financiers pour s'y retrouver. Il fait aussi état d'allégations selon lesquelles des partenaires algériens refusent parfois d'apporter les fonds prévus ou réclament des sommes hors contrat pour décrocher des marchés. La corruption est citée comme un défi par les opérateurs. Les entreprises aux règles de conformité strictes, disent-ils, ne peuvent pas rivaliser avec celles qui offrent des avantages aux décideurs.  


Les transferts de fonds sont le point sur lequel le rapport est le plus précis. Les restrictions légales sont peu nombreuses, mais la procédure compte près de trente étapes. Elle devrait durer environ un mois, elle prend souvent de trois à six mois, voire davantage. Le gouvernement a déjà retardé le processus pour peser dans des différends avec des entreprises étrangères, indique le document. Les restrictions à l'importation et l'intégration régionale limitée réduisent en outre les possibilités de s'appuyer sur les chaînes d'approvisionnement internationales. L'Algérie n'est pas membre de l'OMC, mais appartient à la Zone de libre-échange continentale africaine et à la Grande zone arabe de libre-échange.  


Les autorités ont répondu par la loi sur l'investissement de 2022, qui organise trois régimes d'avantages, sectoriel, par zones et pour les investissements structurants. Les exonérations de droits de douane, de TVA sur les biens du projet et de taxe foncière pendant dix ans sont communes aux trois. L'exonération de l'impôt sur les bénéfices dure de trois à cinq ans dans le régime sectoriel, et de cinq à dix ans dans les deux autres. Le régime des investissements structurants vise les projets créant au moins 500 emplois directs et représentant au moins dix milliards de dinars, soit environ 76 millions de dollars selon le rapport. L'Agence algérienne de promotion de l'investissement a lancé en 2024 une plateforme numérique d'accès au foncier de l'État, et une loi minière d'août 2025 porte de 49 à 80 % la part étrangère possible dans les projets miniers.  


Ces incitations ne suffiront pas à elles seules. Tant que les banques publiques absorberont l'essentiel de la liquidité, que l'argent circulera hors du système financier et que transférer un bénéfice prendra des mois, l'investissement direct ne deviendra pas le levier de diversification que cherche l'État. Le rapport rappelle que le gouvernement n'accorde aucune garantie aux investissements privés ou cofinancés avec des étrangers. Il note que l'administration Tebboune a indiqué plus de souplesse sur des modes de financement alternatifs, dont le cofinancement.  


Khaled ROUABAH  

 
 
 

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