top of page

La famille de Mohamed Benchicou dénonce le refus du rapatriement de sa dépouille vers Alger

il y a 5 heures
2 min de lecture

Une vive controverse entoure les conditions d’inhumation du journaliste et écrivain algérien Mohamed Benchicou, décédé le 24 septembre à l’âge de 74 ans. Alors que son enterrement est prévu ce samedi au cimetière de Garidi, à Alger, sa famille a affirmé que les autorités algériennes avaient refusé le rapatriement de sa dépouille depuis la France, suscitant une vague d’indignation dans les milieux journalistiques et de défense des droits humains.


L’alerte a été donnée par sa fille, Naziha Benchicou, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Le gouvernement algérien refuse que la dépouille de mon père soit rapatriée à Alger, pour son enterrement prévu demain. Même après sa mort, il continue d’être harcelé », a-t-elle écrit, ajoutant que « personne n’a le droit de priver un ressortissant d’être enterré dans sa patrie ».


Selon les informations communiquées par la famille, le corps du fondateur du Matin devait être transféré depuis la région parisienne vers Alger afin d’être inhumé auprès des siens, conformément à ses dernières volontés. L’absence d’explication officielle concernant les difficultés rencontrées dans l’organisation du rapatriement a rapidement alimenté les interrogations.


D’après un journaliste proche du dossier, la famille avait pourtant obtenu dans un premier temps l’autorisation consulaire nécessaire au transfert de la dépouille. Cette autorisation aurait permis de mandater une société de pompes funèbres et d’acheminer le cercueil jusqu’au fret aéroportuaire en vue de son départ vers Alger.


La même source affirme qu’une fois la dépouille arrivée à l’aéroport, un appel émanant de l’ambassade aurait annoncé l’annulation de l’autorisation précédemment délivrée. Quelques heures plus tard, aux alentours de 18 h 30, un nouveau revirement serait intervenu avec l’annulation de cette instruction, ouvrant à nouveau la voie au rapatriement. Selon cette version des faits, la médiatisation de l’affaire et la réaction publique de la famille auraient contribué à débloquer la situation.


Des informations concordantes font également état de préparatifs pour l’organisation d’un hommage au défunt. Selon une source journalistique, des instructions auraient été données à la Maison de la presse Tahar-Djaout afin qu’un recueillement soit organisé dès l’arrivée de la dépouille, avant son inhumation au cimetière de Garidi.


Aucune confirmation officielle n’était toutefois disponible vendredi soir pour éclairer les raisons de ces décisions contradictoires ni pour préciser le statut exact du rapatriement. Cette absence de communication laisse subsister de nombreuses zones d’ombre autour d’une affaire particulièrement sensible.


Figure emblématique de la presse indépendante algérienne, Mohamed Benchicou, s’était imposé au cours des trois dernières décennies comme l’une des voix les plus critiques du pouvoir. Fondateur du quotidien Le Matin, journaliste, éditorialiste et auteur de nombreux ouvrages, il avait également connu la prison entre 2004 et 2006 dans une affaire qui avait suscité de vives réactions au sein des organisations de défense des libertés.


À la veille de ses funérailles, la question du rapatriement de sa dépouille dépasse désormais le cadre familial. Elle ravive les débats sur la liberté de la presse, le traitement réservé aux figures critiques du régime et le respect dû aux dernières volontés d’un homme qui a marqué l’histoire récente du journalisme algérien. du régime et le respect dû aux dernières volontés d’un homme qui a marqué l’histoire récente du journalisme algérien.



Yacine M

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page