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Mines antipersonnel : l’Algérie fait adopter une résolution à l’ONU pour renforcer l’aide aux victimes

il y a 1 minute
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Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté sans vote, lors de sa 63e session tenue à Genève, la résolution 63/20 consacrée à l’impact des mines antipersonnel sur la pleine jouissance des droits humains et au renforcement de l’assistance aux victimes. Portée par l’Algérie avec six autres principaux coauteurs — le Pérou, l’Afrique du Sud, le Vanuatu, le Royaume-Uni, le Mozambique et la Croatie —, cette initiative entend replacer les conséquences humaines des mines au cœur des politiques internationales de protection des droits fondamentaux.


Le registre officiel du Conseil identifie le projet sous la référence A/HRC/63/L.24, devenu la résolution A/HRC/RES/63/20. Le texte s’inscrit dans la continuité de la résolution 58/22 adoptée en avril 2025, qui abordait déjà les conséquences des mines antipersonnel sur les droits humains. Cette continuité traduit la volonté de maintenir le sujet à l’agenda multilatéral, au-delà des périodes de conflit et des urgences humanitaires immédiates.


L’enjeu est considérable pour les populations exposées. Les mines antipersonnel continuent de menacer le droit à la vie, la liberté de circulation, l’accès à l’éducation, à l’alimentation et aux soins. Même après la fin des hostilités, leur présence peut empêcher le retour des populations déplacées, entraver la reconstruction et rendre des terres agricoles inutilisables. Les victimes survivantes doivent, quant à elles, souvent affronter des handicaps durables, des traumatismes psychologiques et des difficultés de réinsertion sociale et professionnelle.


Le texte adopté insiste sur la nécessité de dépasser une approche exclusivement centrée sur le déminage. Il appelle les États et les acteurs concernés à renforcer l’assistance globale aux victimes, notamment par l’accès aux soins médicaux, à la réadaptation, aux prothèses, au soutien psychologique et aux dispositifs de réinsertion socio-économique. Il encourage également une meilleure collecte des données, une prise en compte des besoins spécifiques des enfants et des personnes handicapées, ainsi que la participation des victimes à l’élaboration des programmes qui les concernent.


La résolution préconise en outre une coopération internationale renforcée, un appui technique et financier durable aux pays touchés et une meilleure intégration de l’action antimines dans les politiques de santé, d’éducation, d’emploi et de développement. Elle prévoit également l’organisation d’une table ronde lors de la 66e session du Conseil, avec la participation de personnes handicapées à la suite d’explosions de mines. Ces dispositions offrent des pistes concrètes pour prolonger la mobilisation diplomatique par des mesures de terrain.


Pour l’Algérie, cette initiative revêt une dimension historique et diplomatique particulière. Le pays demeure marqué par l’héritage des mines posées durant la période coloniale, notamment dans les zones frontalières. La question dépasse ainsi le seul champ sécuritaire : elle touche à la mémoire, aux conséquences humaines de la colonisation et à la nécessité de préserver les conditions d’un développement durable dans les territoires affectés.


En prenant part à l’élaboration du texte et en figurant parmi ses principaux coauteurs, Alger contribue à inscrire cette expérience dans une problématique universelle. Le soutien de partenaires issus de plusieurs régions, dont le Royaume-Uni, la Croatie, le Pérou, le Mozambique, l’Afrique du Sud et le Vanuatu, donne à l’initiative une portée transrégionale. L’adoption sans vote témoigne de l’absence de scrutin formel et permet de constater que le texte a été adopté selon cette procédure, sans pour autant démontrer l’existence d’un consensus sur tous les aspects politiques du dossier.


Cette démarche constitue également un levier pour la diplomatie algérienne dans les enceintes multilatérales. Elle permet au pays de défendre une approche reliant droits humains, coopération internationale et assistance aux populations affectées. Mais la portée de cette reconnaissance dépendra de la capacité des États à traduire les engagements en financements, en programmes de réhabilitation et en soutien durable aux victimes.


Au-delà du résultat diplomatique, la question essentielle reste donc celle de l’application. Pour les survivants et leurs familles, l’adoption d’une résolution ne suffit pas : l’accès effectif aux soins, la disponibilité des prothèses, l’accompagnement psychologique et la possibilité de retrouver une vie sociale et professionnelle doivent devenir des réalités. C’est à l’aune de ces avancées que pourra être mesurée la portée humaine de cette initiative portée par l’Algérie et ses partenaires.


Nadia B


 
 
 

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